Les enfants d’aujourd’hui, quoi de neuf chez les 0-7 ans ? – Boris Cyrulnik, Myriam Szejer & Bernard Golse

Editeur : Marabout (2010)
Date de publication originale : 2007
Collection : Poche Enfants
Auteurs : Myriam Szejer, Boris Cyrulnik & Bernard Golse

Lorsque l’enfant paraît

Myriam Szejer est pédopsychiatre et psychanalyste. Elle est la présidente de l’association de la Cause des Bébés qui œuvre pour la connaissance de la sensorialité et de la sensibilité du fœtus jusqu’à la naissance, puis du bébé dès sa venue au monde, afin de modifier par l’écoute la qualité de la relation

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.Famille freudienne/nucléaire = papa+maman+bébé
AMP = Assistance Médicale à la Procréation
Exemple de négligence affective : L’enfant est mis devant la télévision, on n’en prend plus soin, on ne s’en occupe plus, on ne le structure plus.

La multiplication des examens durant la grossesse a également des effets négatifs : cela créé un impact sur les 1ers liens qui se tissent entre la mère et son enfant, cela fragilise la confiance de la mère en elle-même et en son bébé. A force d’être testée, la mère a le sentiment qu’elle doit faire preuve à chaque étape de sa capacité à faire un enfant en bonne santé.

Mai 1968 et Françoise Dolto :
Enfants roi, un héritage de mai 68 ?
Soulèvement contre la répression et l’autoritarisme de la société, Mai 68 a marqué toute une génération. Celle-ci ne connaissait alors qu’une éducation abusant d’autorité. Cette dernière n’était vue que comme un instrument destiné à soumettre l’enfant au pouvoir des adultes.
Puis les barrières tombent et les grands principes volent en éclats. Et beaucoup de parents ont gardé l’idée que l’autorité n’était synonyme que de répression. Ayant souffert d’une éducation trop stricte, ils se sont imposés de ne pas reproduire le même schéma. Un seul mot d’ordre « il est interdit d’interdire« , le slogan parle alors de lui-même.
De plus, avec l’apparition de la notion d’égalité des sexes, le modèle familial fut radicalement bouleversé. Plus de patriarche, la place des parents n’est alors plus différenciée.

Dolto et l’enfant roi
Les célèbres travaux de la psychanalyste Françoise Dolto ont aussi révolutionné l’éducation et la place de l’enfant au sein de la famille. Elle le met ainsi au même niveau que l’adulte et donne à sa parole la même valeur que celle de ses parents.
Elle fait de lui un être à part entière alors qu’il n’était jusqu’à présent qu’une personne en devenir. C’est ce que l’on pourrait qualifier de modèle « expressif » d’éducation.
Progressivement, l’épanouissement et l’autonomie de l’enfant sont devenus des notions essentielles. La psychanalyste s’est mise à prôner la permissivité, l’écoute et le respect. Parallèlement, elle a démontré et mis en garde les parents contre les traumatismes qu’une éducation stricte et répressive pouvait occasionner.
Petit à petit, l’éducation de l’enfant a évolué vers un modèle du « laisser-faire », « laisser-grandir ».

Callipédie : L’art d’avoir, de faire de beaux enfants
Fantasme d’eugénisme = L’eugénisme peut être défini comme l’ensemble des méthodes et pratiques visant à transformer le patrimoine génétique de l’espèce humaine, dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé.

FIV : Fécondation In Vitro
DPI : Diagnostic Pré-Implantatoire = tri des embryons

La vie prénatale a une influence sur l’enfant.

Né sous X = séparé définitivement de leur origine et de leur identité.

Problème de l’adoption homoparentale : identité sexuelle = A quoi sert un père, une mère ? Un homme, une femme ?

La sociologue Irène Théry a étudié le principe de la mère porteuse.

Avec l’école a 2 ans, on oblige les enfants à s’adapter aux règles trop tôt, cela peut entraîner une violence psychologique et physique.

Lorsque l’enfant découvre

Boris Cyrulnik est éthologue, psychiatre et psychanalyste français.

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Homoparentalité : en Afrique les enfants sont principalement élevés par des hommes, dans la culture arabe c’est par des femmes.

La culture est en changement : valorisation du narcissisme, de la performance, de la réussite scolaire, du loisir.

L’école à 2 ans améliore le sort des bien partis et aggrave celui des mal partis (=fragilisés par séparation, maladies…)

Napoléon a inventé le fait que la notion d’autorité soit associée au père. Il a fait des pères des représentants de l’État dans la famille. Il a été relayé par le psychanalyste Lacan qui a parlé de la loi du père → l’autorité n’est pas naturellement paternelle
La violence des enfants ne doit pas concerner la police, elle est liée à l’absence d’une structure familiale autour d’eux.

Les violences faites aux enfants sont en régression (malgré la médiatisation). Avant on les abandonnait, on les tuait (absence d’avortement et de contraception). Jusqu’au 19 ème siècle, on faisait travailler les enfants très tôt. Un enfant sur 2 mourrait la 1ère année de sa vie, les abus sexuels étaient tabous mais nombreux.

L’inceste se produit dans les familles closes, déculturées; dans les pays en guerre (violence).
L’église a créé la tératologie (sciences des monstres) de l’inceste.

Négligence affective: on ne structure plus l’enfant, on ne s’en occupe plus. On le nourrit, on le loge, on le met devant la télé et on s’en va. C’est la maltraitance majeure dans notre société mais la moins mise en avant car la moins crédible.

La fonction de l’éducation face à la violence est d’ apprendre à structurer la violence et à la transformer en agressivité : «Je vais dire à l’autre ce que je pense mais je ne le détruis pas». Apprendre à ne pas tout se permettre → c’est l’énoncé progressif des interdits qui structure et transforme la violence en agressivité.

L’école d’avant était le lieu d’amitié et d’intégration (surtout pour les enfants d’immigrés). C’était un lieu magique avec des débats et des matchs de foot. Aujourd’hui l’école est le lieu de la haine et de l’ennui. Face aux plaisirs faciles que sont la télé et internet, l’école est un plaisir difficile.

Les Scouts étaient un mode merveilleux d’éducation pour les hommes et les femmes. On apprenait aux enfants à contrôler les risques, à vivre avec l’autre, à le respecter → on leur transmettait quelque chose en dehors de leur famille et qui les rendait fiers. Aujourd’hui ils sont ridiculisés.

Lorsque l’enfant s’expose

Bernard Golse est pédopsychiatre et professeur des universités

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La psychanalyse naît à la fin du 19ème siècle.
1895 : étude de l’hystérie par Freud (médecin neurologue autrichien, pionnier de la psychanalyse)
Années 60 : Théorie de l’attachement = champ de la psychologie qui traite des relations entre êtres humains. Son principe de base est qu’un jeune enfant a besoin, pour connaître un développement social et émotionnel normal, de développer une relation d’attachement avec au moins une personne qui prend soin de lui de façon cohérente et continue. Cette théorie a été formalisée par le psychiatre et psychanalyste John Bowlby.

L’accordage affectif : Terme introduit par Daniel Stern pour décrire un deuxième degré de relation produit dans les interactions nourrisson-mère. L’accordage affectif prend des éléments discrets d’interaction et les introduit dans un mouvement d’accordage presque musical par lequel les actions des deux sujets s’orientent autour d’une action commune pour faire sentir une émotion ou une intention autre que l’événement discret exprimé. L’accordage affectif correspond à une perception amodale dans laquelle une image peut se réfléchir en son ou en toucher à cause d’un substrat perceptif qui ne distingue pas encore les modes de perception (ouïe, vue, toucher,etc.). Les exemples donnés par Stern décrivent tous ce passage inter-modal par lequel l’événement d’un mode perceptif est réfléchit par l’événement d’un autre mode : « Un garçon de neuf mois tape avec sa main sur un jouet mou, au début avec colère puis progressivement avec plaisir, exubérance et gaieté. Il le fait avec un rythme régulier. La mère prend ce rythme pour dire « kaaaa-bam, kaaaa-bam », bam correspondant au coup et le « kaaaa » au balancement préparatoire du bras retenu en l’air avant qu’il ne tombe… Une fillette de dix mois joue de façon amusante et répétitive avec sa mère et la regarde. Le visage de la petite fille s’ouvre (sa bouche s’ouvre, ses yeux s’élargissent, ses sourcils se soulèvent) et puis se referme, dans une série de transformations dont le contour peut être représenté par un arc assez plat. La mère répond en psalmodiant « Ouuh » avec une hauteur de son qui s’élève puis descend comme le volume qui va crescendo puis decrescendo : « Ouuh ! ». Le contour de la prosodie maternelle s’est accordé au contour dynamique du visage de l’enfant » L’importance de l’accordage, c’est qu’il produit une variation dans l’événement qui a lieu entre les deux sujets. Selon Stern, l’accordage affectif, puisqu’il est amodal, ne consiste pas seulement à « imiter » quelqu’un d’autre pour lui faire sentir qu’il est en accord avec nous. L’accordage introduit un décalage dans la réflexion, ainsi qu’une schématisation du geste réfléchi. L’accordage peut avoir lieu selon diverses modalités : l’intensité (niveau d’intensité des comportements), la pulsation temporelle (des gestes produits ou réfléchis), le rythme, la durée, la forme (reproductions de types de mouvements, etc.)

Une étude américaine a démontré que l’effet sur l’enfant (et sa socialisation) dépend beaucoup plus de la confiance des parents que la qualité des crèches.

En ce qui concerne l’attachement, on observe 4 grands types d’enfants :

-les enfants sécures : 60 %
-les enfants anxieux résistants : 15%
-les enfants évitants : 15%
-les enfants désorganisés (que l’on ne parvient pas à classer) : 10%

Ce classement est fait à partir d’une situation expérimentale qu’on appelle la «situation étrange» : on met un bébé d’un an environ en présence de sa mère et en présence d’une personne étrangère, puis après certaines étapes qui durent tout au plus quelques minutes, la mère sort et on observe ce qui se passe chez l’enfant ; de même quand elle revient. Les bébés sécures reprennent assez vite la relation avec elle, c’est à dire qu’ils ont gardé en tête une bonne mémoire de ce qui s’est passé avant son départ passant outre à l’absence, ils reprennent leur vie naturellement. Les bébés anxieux résistants lui font un peu la tête quand elle revient, ils la regardent avec des yeux noirs, froncent les sourcils mais au bout de quelques minutes, ils reprennent quand même la relation. C’est par exemple la réaction des enfants qui ne sautent pas dans les bras de leurs parents qui rentrent de huit jours de sport d’hiver. Les bébés évitants sont, eux, un peu plus inquiétants, car quand la mère revient, ils font comme si elle n’était pas là. C’est pénible pour la mère et sans doute pas très bon pour l’enfant.

Philippe Jeammet (psychanalyste, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent) à propos des adolescents : si on a une insécurité intérieure, le moyen pour se rassurer, c’est de se raccrocher à des sensations corporelles extrêmes, des stimulis sensoriels. Il analyse le sabotage et l’échec de la même manière : quand on n’y arrive pas, la seule chose que l’on peut encore maîtriser, c’est l’échec. La réussite est plus imprévisible.

On parle beaucoup d’hyperactivité mais la vraie hyperactivité ne concerne qu’un tout petit nombre d’enfants.
L’agitation normale doit être distinguée cliniquement de l’hyperactivité : dans l’agitation normale, un enfant passe d’un jeu à l’autre. Bien sûr on a souvent l’impression qu’il en change trop vite, qu’il n’a pas le temps de se poser, mais dans ce changement d’activité ou de jeu, le stimulus vient quand même du dedans. C’est son imaginaire qui le pousse à passer très vite à un autre jeu. Alors que chez les enfants hyperactifs, ce sont les stimulis extérieurs qui semblent provoquer le changement : il voit une chose, il y va, in en voit une autre, il y va… Le mouvement est dû à des sensations, et non à l’activité psychique interne. Autre différence, l’agitation normale s’arrête de temps en temps, tandis que celle de l’enfant hyperactif est permanente, parce qu’il en a besoin pour se sentir exister. L’hyperactivité motrice est un accrochage sensoriel, c’est en bougeant que l’enfant sent son corps vivre. Il se sent exister et compense en quelque sorte son insécurité psychique (ensemble des phénomènes mentaux : pensée, émotions, conscience…)
Robert Misés (psychanalyste et professeur de pédopsychiatrie) définit le cadre des pathologies limites dans un livre.

TOP = trouble oppositionnel avec Provocation

MDD= Multiplex (multiples et complexes) Developpemental Disorders → disharmonie évolutive, névrotique, prépsychotique ou déficitaire

La garde alternée pour un bébé est fragilisant. A partir de 4 ans c’est mieux car l’enfant a le choix. Avant 3 ans il faut à l’enfant un endroit fixe.

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