Donner confiance à son enfant grâce à la méthode Montessori – Sylvie d’Esclaibes

Editeur : Leduc
Date de publication : 2017

Collection : Parenting
Auteur : Sylvie d’Esclaibes

 

Sylvie dEsclaibes est à la tête d’un réseau de cinq écoles en France et à l’étranger.

Elle a créé le Lycée International Montessori en 1992 pour ses enfants.
portrait-sylvie-verre-retouchc3a91Le Lycée réunissait pour l’année scolaire 2010/2011 environ 410 élèves depuis la maternelle jusqu’à la terminale.

En septembre 2012, elle crée une nouvelle école, Lycée International Montessori – Ecole Athéna et réalise un blog sur cette expérience.

Son site ici.

 

 

Introduction

Maria Montessori (1870 – 1952), première femme médecin en Italie, consacra sa vie à la création d’une véritable philosophie de l’éducation, qu’elle appela «la pédagogie scientifique» qui porte aujourd’hui son nom et qui s’est répandue dans le monde entier.

Par cette pédagogie, Maria Montessori voulait créer un monde nouveau, et précisait que seule l’éducation est un véhicule de paix. Je reprends ses termes : «Établir la paix durablement est le travail de l’éducation, la politique ne peut qu’éviter la guerre (…). Construire la paix, une paix durable, effective et consistante..

L’un des principaux objectifs de cette pédagogie est le développement de la confiance en soi qui est une qualité indispensable à tout être humain pour une vie épanouie et heureuse.

 

  1. L’autonomie

De l’importance de faire seul

Développer l’autonomie chez l’enfant dès le plus jeune âge est un élément essentiel pour le développement de la confiance en soi.

Le fait d’être capable de réussir par lui-même développe chez l’enfant un sentiment de fierté et une très belle image de soi. Par exemple, on peut voir la joie dans le regard d’un petit qui commence à marcher seul, ou dans celui qui réussit à s’habiller sans aide.

Être autonome est un besoin profond de l’être humain. D’ailleurs, le jeune enfant apprend à marcher tout seul, à parler tout seul, et il n’existe aucun mode d’emploi pour l’y aider !


Souvent, le parent pense bien faire en aidant trop l’enfant mais, ce faisant, il le prive de la joie du succès. Tout être a en effet besoin de réussite pour développer une belle image de lui-même et pour oser continuer à essayer. Celui à qui on permet de réussir à effectuer des tâches tout seul en ressent une joie intense qui va l’aider à entreprendre de nouvelles choses.

Dans les classes Montessori, l’accent est mis, dès le plus jeune âge, sur toutes les activités que l’on appelle de «vie pratique» où tout est mis en œuvre pour que les enfants soient capables de faire par eux-mêmes. Cela commence par des exercices où ils apprennent à verser, puis par des exercices avec des cuillères qui leur permettront de manger tout seul. Viennent ensuite les activités du «soin de l’environnement» qui les amèneront à prendre soin de la classe mais aussi de leur chambre tout seul. Enfin, les activités du soin de la personne à travers lesquelles ils apprendront à mettre leurs vêtements seuls (les boutons, les fermetures éclair, les lacets, les boucles de ceinture, etc.) à se laver les mains, à se coiffer, à se moucher…

Il existe également des exercices que nous appelons «de grâce et de courtoisie» qui feront d’eux des êtres très à l’aise dans notre société.

Les mobiles et hochets suspendus
Il existe 4 type des mobiles très importants dans la pédagogie Montessori :

  • le mobile de Gobbi
  • le mobile de Munari
  • le mobile des octaèdres
  • le mobile des danseurs

Tous les jouets doivent être placés de façon à ce que l’enfant puisse les toucher avec ses mains, et au dessus de son torse afin que, dès que cela lui est possible, il puisse, au début d’un geste geste volontaire, les faire bouger et comprendre ainsi (inconsciemment) qu’il est capable de mettre en mouvement les jouets qui sont au-dessus de sa tête.

C’est ainsi que son geste involontaire deviendra, peu à peu, un geste volontaire.

L’organisation des repas
A partir de 15 mois, lorsque l’enfant sait marcher et a gagné une bonne maîtrise de ses deux mains, il souhaite ardemment être le compagnon de vie de l’adulte et à plaisir à être capable de faire la même chose que lui.

Dans la cuisine, il aimera savoir préparer avec lui les légumes pour une salade, une soupe ou un apéritif.

Les plateaux
Pensez également à réserver un endroit où l’enfant pourra retrouver tous les ustensiles nécessaires pour cuisiner avec vous (ustensiles pour la pâtisserie, presse-agrumes, etc…)

Comme l’enfant est encore jeune, chaque plateau doit être dédié à une seule activité. Ainsi, une fois que l’enfant maîtrisera cette activité, il pourra passer au plateau suivant. Nous avons en effet observé dans la pédagogie Montessori l’importance d’introduire une seule difficulté à la fois pour l’enfant.

Une activité doit toujours être présentée par l’adulte avant de la mettre à la disposition de l’enfant. Ceci afin d’éviter que l’enfant se retrouve en échec ou effectue l’activité de la mauvaise manière, ce qui aboutirait à un mauvaise réalisation.

Toutes les actions se font de la gauche vers la droite afin de préparer ainsi l’enfant au sens de l’écriture et de la lecture. Ceci est très important car permettra au cerveau de l’enfant d’enregistrer ce sens

A table
Dès que cela est possible, il est très important que l’enfant trouve à son niveau tout ce qui lui est nécessaire pour manger avec autonomie, c’est-à-dire une table et une chaise à sa hauteur, et aussi une étagère basse ou dans un tiroir à sa hauteur tout ce dont il a besoin pour mettre le couvert.

La vaisselle ne devra pas être en plastique mais plutôt en céramique ou en verre.

Veillez à ce qu’elle soit légère et cassable. L’enfant aura à cœur d’en prendre soin et cela d’autant plus qu’elle sera jolie.
La table basse et la chaise adaptées permettront à l’enfant d’être en sécurité dans sa position physique : il pourra ainsi se concentrer sur la nouvelle sensation qu’est le fait de manger tout seul de la nourriture solide. Une chaise haute isole et restreint votre enfant et le met physiquement dans une position étrange. La position ergonomique et basse permet à l’enfant de s’asseoir à la table sans être bloqué.

Il est important également d’adapter l’organisation du réfrigérateur. Installer, par exemple, une étagère à la hauteur de l’enfant pour y mettre des fruits, des ingrédients pour faire des sandwichs, etc… Un enfant de 2 ans peut ouvrir un réfrigérateur et prendre un en-cas ou verser une boisson froide dans une petite tasse. Un enfant plus âgé peut se verser un jus de fruit et se préparer son repas du midi.

Lorsque votre enfant prépare la nourriture, il est important qu’il ne prenne pas l’habitude de manger. Cela lui permet de développer son sens de l’ordre et de la volonté. Une préparation pour le snack signifie qu’on prépare un snack qui sera pris ensuite, dans un deuxième temps.


Faire dormir votre enfant

Le lit
Surtout, ne mettez pas votre enfant dans un lit à barreaux qui l’empêchera de se lever tout seul, d’aller chercher ses jouets et ses activités lorsqu’il est éveillé.

Il est essentiel pour le développement de son autonomie d le faire dormir sur un matelas posé à même le sol dès son plus jeune âge.

A la naissance, bien sûr, on peut faire le choix du co-dodo pour faciliter l’allaitement et pour que la maman ne soit pas trop fatiguée mais, dès que possible, il est important d’installer le bébé sur un grand matelas style futon à même le sol. On peut aussi, pendant quelques temps, mettre le bébé dans un couffin (topoccino) et le couffin sur le matelas.

Dès que l’enfant peut rouler sur lui même, il faut prévoir un tapis situé directement à côté du matelas afin qu’il ne se fasse pas mal. Il est également important d’éviter les sols des chambres recouvertes de carrelage très inconfortables et leur préférer du plancher, du lino, plus faciles à nettoyer.


Ainsi installé, l’enfant va pouvoir gérer les moments où il est réveillé. Dès qu’il se déplacera, il sera à même d’aller chercher ses jouets placés à sa hauteur dans de jolis paniers sur l’étagère. Il aura aussi un libre accès à ses livres et tout cela lui permettra d’être autonome dans la gestion de son sommeil et de son réveil.

Les enfants placés dans des lits à barreaux n’ont, quant à eux, qu’une solution lorsqu’ils sont réveillés : crier, pleurer pour qu’on vienne les délivrer. Et cela génère un stress important.

Au contraire, l’enfant qui gère lui même son sommeil est beaucoup plus serein.

De plus, il aura une vision totale de la pièce dans laquelle il vit, ce qui est aussi important pour qu’il se situe dans l’espace.

 

Le soin de l’enfant
Le fait de pouvoir se laver et s’habiller tout seul est un élément essentiel du développement de l’autonomie chez l’enfant.

S’habiller seul
Lorsque vous habillez un bébé, faites toujours les choses dans le même ordre en verbalisant ce que vous faites. Ainsi, vous l’invitez à coopérer.

Vous serez étonné de voir combien, rapidement, le bébé va vous accompagner dans les gestes d’habillement, enregistrer ainsi le processus, puis s’habiller très petit.

Afin de l’aider également dans cette autonomie, lorsqu’il saura marcher, placez ses vêtements dans l’ordre de l’habillage. Ainsi, petit à petit, il enregistrera aussi cet ordre et pourra ensuite choisir ses vêtements de la même façon.

Dès que possible, installez une petite penderie à sa hauteur afin qu’il puisse choisir ses vêtements mais aussi les ranger lorsqu’il se déshabillera. Cette penderie ne devra pas contenir trop de vêtements et ils seront bien sélectionnés par les parents. En effet, le choix est très difficile pour le jeune enfant et peut lui créer un grand stress totalement inutile. De plus, le fait d’avoir déjà effectué une sélection évitera les disputes entre l’adulte et l’enfant qui aura tendance à choisir des vêtements pas toujours appropriés !

Afin de l’aider, prévoyez dans cette petite penderie des tiroirs ou des boîtes sur lesquels vous aurez collé des étiquettes indiquant ce qui doit être mis à cet endroit (pour les culottes ou les slips, pour les chaussettes, pour les gants et écharpes, etc.)

La toilette
S’occuper de soi de façon autonome est également essentiel. Pour cela, faites en sorte que l’enfant ait tout ce qu’il faut à sa hauteur pour faire sa toilette, pour se brosser les dents ou pour se coiffer.

Afin qu’il soit autonome le plus vite possible dans le brossage des dents par exemple, vous vous brosserez les dents à côté et en même temps que lui. L’enfant apprend par l’exemple. Vous pourrez aussi vous mettre derrière lui en tenant les mains pour lui faire faire les bons gestes.

Dans le bain, mettez à disposition de votre enfant des petits flacons du type de ceux qu’il est possible d’emporter dans l’avion, remplis de savon liquide et de shampoing. Encore une fois, demandez-lui de participer et laissez-le faire tout seul ce qu’il peut.

 

Apprendre à lire : une grande autonomie !

Dès qu’il a acquis la conscience de soi et jusqu’à environ 6 ans, l’enfant traverse également la période sensible de l’autonomie. La preuve en est qu’il demande toujours à faire les choses «tout seul». Comment être autonome dans la vie si l’on est toujours dépendant de l’adulte pour lire tout ce qu’il y a autour de soi ? Lui apprendre à lire est donc essentiel à cet âge-là.

Ces lettres, l’enfant les voit partout. Notre rôle d’éducateur ou de parent est de lui permettre d’être le plus tôt possible de déchiffrer et comprendre tout ce qui se trouve autour de lui, dans sa vie. Cela va de ce qui est écrit sur la boîte de céréales qu’il voit chaque matin sur la table du petit déjeuner à la compréhension de ce qui est écrit sur les affiches dans les rues, en passant par le journal que ses parents lisent et par les histoires qu’il aime tant entendre mais que ses parents n’ont pas toujours le temps de lui lire.

En tant que parent, vous pouvez mettre en œuvre des activités très variées avec votre enfant afin de répondre à cette soif d’apprendre. L’essentiel est qu’il comprenne qu’un mot est composé de sons et qu’un son correspond à une lettre.

Les jeux sur les sons
Vous pouvez donc faire de nombreux jeux sur les sons jusqu’à ce que votre enfant les entende bien dans les mots. Il est important de noter également que cet apprentissage de la lecture est au début très sensoriel puisqu’il s’agit d’entendre les sons et que, encore une fois, c’est entre 0 et 6 ans que le développement sensoriel de l’enfant est à son maximum.

Quelques idées de jeux de sons

  • Qu’est-ce que tu entends au début de «Alexis» ? Tu entends a.
  • Qu’est-ce que tu entends au début de «Maman» ? Tu entends mmm.
  • Qu’est-ce que tu entends au début de «voiture» ? Tu entends vvv.

Commencez par des sons simples et non par des sons compliqués comme tr, pr, pl, oi, etc…

Une fois que l’enfant a compris le son qui commence un mot, on peu l’interroger sur le son que l’on entend à la fin de ce mot.

Lorsqu’il a été bien vérifié que l’enfant entend bien les sons dans les mots, on peut passer à l’apprentissage des lettres.

Les jeux sur les lettres
On peut passer à l’apprentissage des lettres qui correspondent à ces sons avec le matériel des «lettres rugueuses», élément essentiel de la pédagogie Montessori et qui avait reçu l’aval de neuroscientifiques comme Stanislas Dehaene.

L’environnement
A partir de 3 ans, l’enfant est capable de prendre soin de son environnement tout seul, c’est-à-dire de balayer, d’épousseter, de laver la table, la chaise, de faire de jolis bouquets, d’entretenir les plantes, etc.

 

  1. Le contrôle de l’erreur

Qu’est-ce que le contrôle de l’erreur ?

Le principe du contrôle de l’erreur dans le matériel réside dans le fait qu’à l’intérieur de celui-ci se trouve toujours un moyen pour l’enfant de se rendre compte s’il a réussi l’exercice ou s’il a commis une erreur.

Les bienfaits du contrôle de l’erreur
Cet élément de la pédagogie Montessori est essentiel pour que l’enfant développe sa confiance en lui-même et ce pour de nombreuses raisons :

  • Ce n’est pas l’adulte qui juge son travail ou ses activités, c’est lui seul. Il ne reçoit donc pas le regard de l’adulte ni les paroles parfois blessantes de notre société : «Tu t’es trompé», «C’est faux», etc.
  • Il développe son esprit de créativité car c’est en réfléchissant et en essayant de trouver une autre solution que l’enfant découvre la bonne réponse ou le bon moyen de réussir. Encore une fois, il va développer sa confiance en lui-même car il va prendre conscience peu à peu qu’il peut trouver seul les solutions.
  • Il est très actif par rapport à ses apprentissages et se rend compte qu’il peut progresser dans des matériels plus difficiles par lui-même car l’autocorrection lui permet toujours la possibilité de voir s’il va dans la bonne direction ou pas. Il développe ainsi sa confiance en devenant maître de ses apprentissages.
  • Il comprend que c’est en commettant des erreurs que l’on peut progresser. Il accepte donc de se tromper. Une foi que l’on accepte de se tromper, on ose entreprendre puisque la peur d’échouer n’existe plus. L’enfant a alors totalement confiance en lui pour essayer, pour aller de l’avant, entreprendre de nouvelles activités. Il sait que s’il se trompe, il a en lui toutes les capacités pour trouver la solution s’il échoue encore, pour recommencer.
  • Le contrôle de l’erreur permet également de tout apprendre par soi-même, ce qui développe considérablement l’autonomie.
  • Il apprend à son rythme puisqu’il travaille seul. Il n’a pas besoin d’attendre l’adulte pour valider son travail et poursuivre ses études. Il n’a pas besoin non plus d’aller au même rythme que les autres, s’il a envie de prendre son temps et s’il a besoin de plus de temps pour mémoriser. Il ne perdra donc pas sa confiance en lui car il ne se compare pas aux autres. Au contraire, l’enfant qui a besoin de plus de temps pourra le prendre, et se rendra donc compte qu’il peut très bien apprendre aussi.
  • Il peut apprendre progressivement car, au début, il est possible de mettre un code très visible puis peu à peu invisible au premier abord, encore une fois l’enfant apprend peu à peu et ne se retrouve pas en échec ; il ne perd pas sa confiance en lui, bien au contraire, il la consolide en apprenant de manière solide et durable.

Tout ce cheminement peut commencer dès le plus jeune âge grâce à toutes les activités que l’on va mettre en place à la maison ou en classe.

L’adulte devra ainsi toujours réfléchir, en créant les activités, à ce fameux contrôle de l’erreur, et cette méthode de préparation du matériel doit durer toute la scolarité de l’enfant.

Comment mettre en place le contrôle de l’erreur

Exercices de vie pratique
Pour les tout petits, il existe des exercices que l’on appelle exercices de «vie pratique», où l’enfant a la possibilité, dès que sa motricité le lui permet, de nous accompagner dans les tâches quotidiennes.

Dans les exercices qui impliquent du liquide, l’enfant trouvera sur le plateau une petite éponge et un torchon pour essuyer l’eau renversée (on lui aura appris avant à presser une éponge).

Les mises en paires
Cela peut se faire avec des boîtes à sons, des boîtes à odeurs, mais aussi avec des images : à ce moment-là on collera des gommettes de la même couleur au dos des images appartenant à la même paire.

Les exercices de tri → par couleur, par forme, par texture, par son… avec le même nombre d’objets par critère

Les puzzles → reporter le contour de chaque pièce sur une feuille blanche

Lecture et calcul → mettre la réponse des opérations au dos

En Montessori, le verbe est une sphère rouge, le nom un triangle noir, l’adjectif un triangle bleu marine, le déterminant un petit triangle bleu clair…

Y a t-il des limites au contrôle de l’erreur ?
Évidemment, le contrôle de l’erreur est parfois impossible, par exemple pour l’apprentissage des lettres ou des chiffres.
Dans ce cas, le professeur doit faire preuve de beaucoup de bienveillance et ne jamais dire à l’enfant «tu t’es trompé» ou «c’est faux». Il est important qu’il redise le nom de la lettre ou du chiffre en le montrant à l’enfant et c’est tout. Si l’enfant se trompe encore, c’est qu’il n’est pas prêt et il faudra attendre un peu pour lui représenter ou proposer un autre matériel.

 

  1. L’environnement

Aménager l’environnement
L’aménagement d’un environnement à chaque étape du développement de l’enfant est un élément essentiel de la pédagogie Montessori.

L’environnement bien aménagé permettra en effet à l’enfant de grandir dans un esprit totalement serein et sans stress, ce qui est indispensable pour le développement de la confiance en soi.

L’environnement du bébé devra être organisé aussi de manière à lui offrir l’opportunité de se concentrer dès ses premières semaines de vie. L’attention soutenue et la volonté sont au centre de tous les aspects de l’autoconstruction de l’enfant. Il faut donc se concentrer sur le développement de ces capacités dès le départ.

L’importance de l’ordre
Maria Montessori avait découvert que, pendant les premières années de sa vie (entre 0 & 6 ans), l’enfant traverse des périodes sensibles, c’est-à-dire des moments où son esprit est plus intéressé par certaines choses et les absorbe de façon facile et durable.

Le besoin d’ordre fait partie de ces périodes sensibles que traverse le jeune enfant. A ce moment-là, précisément, l’ordre va le rassurer et lui permettre de se construire avec confiance et en toute sécurité.

Par exemple, pour le petit bébé, il s’agira de le faire toujours dormir au même endroit, car c’est par ses mouvements involontaires et par sa vue peu développée encore qu’il acquerra la reconnaissance d’un environnement familier qui le rassurera.

Ordre signifie également routine dans les différentes activités qui lui sont proposées tout au long de la journée. La routine apporte alors à l’enfant des explications que les mots ne peuvent donner.

Les parents doivent donc réfléchir avant d’organiser la journée et la nuit de leur enfant, afin de mettre en place une routine qui sera le moins modifiée possible par la suite.

Cette routine devra comprendre toutes les activités de la journée : le lever, la toilette, les repas, les sorties, les moments de jeux seul, de jeux ensemble, la musique, la lecture d’histoires, le coucher, etc.

L’enfant a besoin de s’imprégner de la succession des événements. Il sera ainsi rassuré de savoir que, après la sieste, il y a un moment calme d’écoute de musique et que, après le dîner, il y a le temps de l’histoire racontée par l’un de ses parents.
Ainsi, il peut se construire librement par rapport à toutes ces activités, et toujours savoir ce qu’il va se passer après.

Les espaces de vie
Routine et ordre sont indispensables dans l’aménagement des espaces dans lesquels l’enfant va grandir.

Dans sa chambre par exemple, il devra y avoir une aire dédiée au sommeil, une aux jeux, une à l’allaitement, une aux changes… Ainsi l’enfant prendra connaissance de chaque partie de sa chambre et y aura ses repères. Ce qui va développer encore une fois sa confiance en lui car le fait de bien connaître son environnement est très rassurant.

A aucun moment il ne faut cependant oublier la sécurité de l’enfant. Dès qu’il commence à se déplacer, une attention très aiguë devra être portée à la sécurité des lieux dans lesquels il évolue. Aucun danger, aucun risque ne doivent exister. Le mieux pour cela est de se mettre dans la position de l’enfant, de voir à sa hauteur et de tout sécuriser. Le moindre accident ferait perdre toute confiance de l’enfant en lui-même, en l’adulte responsable de lui et en la vie.

Le coin jeux
Les jeux ne devront pas être trop nombreux et rangés de la même façon, et au même endroit, afin que l’enfant puisse toujours les trouver là où il pense qu’ils sont. Ainsi, il pourra aller facilement vers les activités qui lui seront nécessaires par rapport à ses besoins.

Lorsque le bébé va grandir, l’adulte disposera dans cet environnement dédié aux jeux de nouvelles activités au fur et à mesure du développement des capacités du bébé. Il est alors important que l’adulte connaisse bien l’évolution générale du développement moteur, sensoriel et de la main de l’enfant afin de toujours prévoir des activités répondant à ses besoins.

Il faut éviter de lui présenter des activités trop difficiles pour lui car,, dans l’incapacité de réussir, il développera une grand frustration qui lui fera perdre toute confiance pendant un moment et toute envie d’entreprendre.

Développer les capacités de l’enfant en respectant son rythme fait partie aussi d’une aide au développement de la confiance en soi.

Les imbucare
Ce sont ces boîtes qui aident l’enfant à prendre conscience de la «permanence de l’objet», c’est-à-dire que, même si on ne voit plus un objet ou une personne, il ou elle existe toujours.

Le salon
Le salon doit toujours être organisé pour que l’enfant puisse y avoir ses activités et se déplacer en sécurité. On peut y installer une étagère à sa hauteur avec quelques activités pour lui, un panier avec des tapis qu’il pourra installer pour y jouer ou pour y regarder un livre, un panier avec des livres ou un petit fauteuil confortable pour lire.

A l’école
Tout doit être parfaitement ordonné également. Il existe plusieurs aires dans la classe d maternelle Montessori :

  • l’aire de vie pratique
  • l’aire de vie sensorielle
  • l’aire des mathématiques
  • l’aire du langage
  • l’aire de la culture

Il est important de bien réfléchir à l’organisation de la classe avant la rentrée car elle ne devra pas être modifiée pendant toute l’année scolaire. En effet, l’enfant y construit ses repères, il sait où le matériel se trouve, et cela lui permet d’évoluer librement dans cet espace connu.


Sur les étagères, le matériel doit être rangé du plus facile au plus difficile de la gauche vers la droite et du haut vers le bas, à la portée et à la vue de l’enfant.

La difficulté
Maria Montessori avait remarqué qu’il était essentiel de développer une seule difficulté à la fois et de bien isoler la difficulté. Ceci est primordial pour ne pas mettre l’enfant en échec et, au contraire, lui permettre de développer un raisonnement. Le raisonnement est une faculté essentiel pour le développement de la confiance en soi car il permet de réfléchir par soi-même et de trouver les solutions à tout problème.

 

  1. Le rôle de l’adulte

Un modèle
L’enfant apprend en observant ce qui se passe autour de lui ; l’éducateur est donc un modèle pour lui, dont l’enfant va imprimer l’image en lui. N’oublions pas que chaque être a besoin d’un modèle pour se construire.

La découverte des «neurones miroirs» du cerveau donne encore plus de pouvoirs à cette notion de modèle de l’adulte pour l’enfant.

L’adulte faisant partie intégrante de l’environnement de l’enfant, il devra donc apporter un soin très particulier à sa façon d’être, à son caractère, aux émotions qu’il transmettra, à la manière dont il communiquera avec l’enfant et à son attitude en général dans la vie.

Maria Montessori disait que le rôle d’adulte est d’introduire graduellement l’enfant dans un univers basé sur l’ordre et les limites en appliquant les principes suivants :

  • un adulte préparé
  • un environnement préparé
  • la liberté avec les responsabilités

L’ordre et la routine
La constance de la routine mise en place par l’adulte est essentielle pour que l’enfant comprenne ce que l’on attend de lui. Il n’a pas les capacités pour comprendre les changements dans la routine et les raisons de ces changements, qui le mettent dans un état de stress.

Il sera important de faire savoir à l’enfant ce qui va se passer après, cela va beaucoup l’aider à construire sa confiance dans le monde et à se sentir en sécurité et donc à développer sa confiance en lui-même.

L’importance de la préparation de l’environnement
L’adulte devra fournir à l’enfant un environnement dans lequel il pourra faire de nombreuses expériences sensorielles organisées. C’est le cas dans les classes Montessori où le matériel est conçu pour aider l’enfant dans son exploration sensorielle.

Grâce à ce matériel , les sens s ‘affinent et permettent à l’enfant d’explorer son environnement dans les moindres détails, afin de mieux le comprendre, d’y trouver sa place et de développer sa confiance en lui-même. L’adulte doit donc encourager l’enfant a explorer et surtout ne pas interférer.

Les activités, un véritable état d’esprit.
Toute activité devra être bien pensée et structurée (elle sera présentée toujours de la même façon) afin d’aider l’enfant à penser avec logique et organisation, et à devenir conscient du résultat de ses actions.


Quand l’enfant est encore jeune, il est bien d’introduire une activité et de rester dessus plusieurs semaines jusqu’à ce qu’elle soit bien intégrée. Si l’adulte se rend compte que l’enfant ne fait pas l’activité correctement, il faudra la changer.
Les activités devront progresser en difficulté de manière graduelle, au fur et à mesure que l’enfant grandit et progresse.

L’adulte préparera très soigneusement sa présentation à l’enfant afin qu’il ne fasse pas l’activité d’une manière inappropriée.
Cette présentation doit se faire très lentement, méthodiquement, en faisant de brèves pauses après chaque étape.

Rappelons que l’enfant est davantage intéressé par le processus que par le but.
L’adulte doit être prêt à représenter plusieurs fois l’activité à l’enfant. Il est indispensable d’être très patient. Il faut éviter de pousser l’enfant, apprendre à lui donner l’aide nécessaire puis le laisser travailler à son rythme à son perfectionnement.

L’esprit dans lequel sont pratiquées les activités avec l’enfant quel que soit son âge est la clé de son succès. Évitez de montrer impatience et lassitude ! Faites-les toujours avec bonheur et enthousiasme.

Lorsque vous faites une activité avec un enfant, vous devez être à 100% avec lui et ne pas vouloir faire plusieurs choses en même temps.

Attention, enfin, un enfant jeune ne sait pas dire qu’il est fatigué, qu’il en a assez ou qu’il ne parvient plus à se concentrer : l’adulte doit être très attentif aux signaux et proposer de reporter l’activité.

Une attention de tous les instants

Être à l’écoute
L’attitude de l’adulte qui s’occupe de l’enfant est vraiment primordiale : il doit avoir un sourire pour chacun, un mot d’encouragement.

Dans la classe, il doit être attentif à chaque enfant, repérer celui qui ne réussit pas, celui qui reste inactif, s’approcher doucement et lui proposer un travail adapté, lui montrer comment on se sert du matériel.

Dans la classe encore, l’adulte doit suivre chaque enfant et savoir où il en est, en remarquant ses besoins et être là quand il a besoin de lui.

Chaque enfant a son propre développement, qui suit de grandes lignes identiques mais qui peut se faire dans un ordre ou dans un autre. Par exemple, un bébé peut mettre toute son énergie dans le développement moteur alors qu’un autre la mettra dans son observation de toute chose. Il faut absolument respecter ces différences et accepter avec bonheur l’enfant tel qu’il est. Un enfant que l’on pousse vers un apprentissage qui n’est pas approprié, à ce moment-là, perdra confiance en ses capacités.

L’adulte est donc avant tout un observateur qui doit le faire sans préjugés et de façon totalement objective, sans avoir en tête ce qu’il aurait envie de voir. Maria Montessori disait que l’adulte devait se débarrasser de ses préjugés et de son savoir afin de se rendre entièrement disponible pour l’écoute et l’observation de l’enfant.

Le rôle principal que l’adulte a avec les enfants est celui de bon observateur afin d’être toujours prêt à préparer l’environnement en fonction de la phase de développement dans laquelle se trouve l’enfant.

L’autorité
Toute punition est proscrite dans une pédagogie ou un mode d’éducation qui souhaite développer la confiance en soi chez l’enfant. En effet, Maria Montessori disait que les enfants ont un sens profond de a dignité et, si les adultes n’en tiennent pas compte, leur âme peut être blessé à un point que nous n’imaginons pas.

La dignité des enfants doit être l’un des principes directeurs de la formation des personnes qui souhaitent s’occuper d’eux.

L’adulte aura à poser un cadre moral dans lequel l’enfant pourra évoluer librement. Les limites extérieures sont nécessaires dans tous les domaines jusqu’à ce que l’enfant les ait intériorisées et puisse contrôler ses actions.

Un enfant rencontre des limites posées de façon très réfléchie et intelligente par les adultes saura qu’il peut s’appuyer sur eux et développera ainsi, encore une fois, sa confiance en lui.

Maria Montessori disait aussi que la véritable éducation de l’adulte devait consister à tirer en dehors tout le potentiel de l’enfant et non à faire rentrer au dedans, de gré ou de force, les connaissance qu’il veut imposer. L’adulte doit ainsi être un éveilleur et non un étouffoir.

Des règles à suivre
En résume, voici quelques règles très importantes à observer pour qui s’occupe d’enfants chez qui l’on souhaite développer la confiance en soi :

  • avoir un souci scrupuleux de l’environnement → clarté, ordre, propreté, etc.
  • mettre l’enfant en contact avec son milieu puis s’effacer.
  • Observer l’enfant, être à l’affût de ses besoins
  • être à l’écoute et répondre rapidement à un appel
  • respecter celui qui travaille et ne pas l’interrompre
  • corriger avec respect
  • proposer sans cesse de nouvelles occupations
  • être l’âme silencieuse dans la classe ou dans la maison, une présence douce et aimante
  • être là pour ceux qui cherchent, savoir disparaître du chemin de ceux qui ont trouvé

Éviter le stress
L’adulte doit veiller à éliminer toute raison de stress pour l’enfant en pleine construction car le mauvais stress est une barrière au développement de la confiance en soi.

Ainsi, dès la naissance, il s’agira de répondre à tous les besoins du bébé en ne le laissant surtout pas pleurer.

Le bébé tout petit n’a en effet pas la capacité cérébrale de gérer ses émotions : laisser pleurer revient donc à le faire vivre un stress extrême.

Faire attention aux mots
Il est très important de prendre au sérieux la blessure de l’enfant, d’une façon calme et compatissante, en lui montrant que l’on est très concerné… mais pas de façon excessive. Le langage employé est essentiel dans de telles situations.

Développer les responsabilités
Pour le développement de la confiance en soi, il est aussi important de donner des responsabilités à l’enfant dès qu’il est capable d’en assumer. Cela peut commencer par des tâches très simples comme se laver tout seul, ranger ses vêtements, mettre les vêtements sales au panier, ranger ses jouets, etc. Puis, lorsque l’enfant grandit, on peut en donner davantage. Assumer des responsabilités donne confiance à l’enfant. Il faut bien entendu s’adapter à l’âge de l’enfant et à son développement.

La liberté
Pour bien se construire et donc pour développer cette confiance en soi indispensable pour devenir un adulte heureux, le jeune enfant a besoin de liberté. Mais attention, comme le disait Maria Montessori : «Nous devons cependant être très nets sur le sens de cette liberté. Liberté ne veut pas dire être libre de faire ce qu’on veut : cela signifie plutôt être capable de satisfaire ses besoins vitaux sans dépendre de l’aide directe d’autrui

Maria Montessori avait observé que tout enfant naît avec une discipline intérieure qui ne demande qu’à s’épanouir si les adultes lui en donnent les moyens. L’adulte doit soutenir l’enfant afin qu’il puisse déployer cette discipline intérieure et atteindre la liberté qui en découle.


La mise en place par l’adulte de l’environnement préparé va permettre à l’enfant de se développer ; il est indispensable que tout soit mis en place pou que l’enfant puisse se déplacer librement, avoir accès à ses activités librement, etc.

Cependant, l’enfant n’a pas le droit de se servir du matériel mis à sa disposition n’importe comment : il ne peut pas détourner le matériel de ses buts.

Il est important aussi que l’enfant sache que l’on prend ses repas à certains endroits, que l’on mange assis à table. Ce respect des choses (quoi ? Quand ? Où ?) procure à l’enfant une structure et des opportunités de comprendre les limites et la discipline.

Et c’est ainsi que l’enfant peut gérer sa liberté dans ce cadre posé par les adultes qui s’occupent de lui.

«Grâce à la liberté dont il jouit dans une ambiance Montessori, l’enfant a toutes les opportunités pour réfléchir à ses actes, méditer sur leurs conséquences pour lui-même et pour les autres. Il se confronte aux limites de la réalité. La possibilité d’accéder à la connaissance de soi est l’une des conséquences les plus importantes de la liberté donnée dans une classe Montessori.» Maria Montessori

La liberté doit donc exister mais elle a ses limites :

  • l’enfant dispose de la liberté de mouvement : les mouvements sont permis dans la mesure où ils ne dérangent pas un autre enfant
  • l’enfant dispose de la liberté de parler à condition qu’il ne dérange pas la concentration de l’autre et si la personne à laquelle il s’adresse est disponible pour l’écouter
  • l’enfant dispose de la liberté de manger et de boire mais il lui est expliqué que ce qui est mis à sa disposition est fait pour être partagé. Il peut manger sa part mais pas celle de ses camarades.
  • L’enfant dispose de la liberté de ne pas travailler, il est libre de s’asseoir et de ne rien faire dans la mesure où il ne dérange pas ceux qui sont en train de travailler. Il peut se déplacer dans la classe mais toujours s’il n’importune pas ses camarades.
  • l’enfant dispose de la liberté d’aller dehors : pour que ceci soit possible, l’adulte doit d’abord préparer l’espace qui se trouve à l’extérieur, de façon à le rendre attractif et sécurisé. L’enfant doit pouvoir y observer la nature, en prendre soin, ou encore aller y accomplir une tâche (soigner les animaux par exemple). Cette liberté est donc tout à fait envisageable si l’extérieur est bien préparé
  • l’enfant dispose de la liberté de choisir une activité et de la répéter autant de fois qu’il le désire : pour cela, l’adulte doit avoir organisé le matériel afin que l’enfant dispose d’un accès facile. Il lui faut également savoir comment se servir de ce matériel. Sachant qu’il n’y a qu’un exemplaire de chaque matériel en classe, une première limite à cette liberté de choix d’activité est alors posée. En effet, si l’activité est déjà utilisée par un autre enfant, l’enfant ne peut pas la lui prendre, il doit attendre son tour. Une second limite est posée dans le faire que l’enfant ne doit pas abîmer le matériel et ne pas en perdre de pièces. Lorsqu’il a choisi une activité, l’enfant peut l’utiliser toute une matinée ou même tous les jours, s’il le désire. Sa seule limite est qu’il en fasse une bonne utilisation et ne dérange pas un autre enfant.
  • l’enfant a le libre choix de son activité mais une fois son choix fait, il a l’obligation de réaliser l’activité correctement jusqu’à bout et de remettre le matériel à sa place.
  • Si l’enfant choisit de travailler par terre, il le fera sur un tapis qui pose aussi les limites de sa liberté. Sur ce tapis, il fait ses activités et un autre enfant n’a pas la possibilité d’y intervenir. De même que l’enfant lui même ne pourra pas aller interférer sur ce qui se passe sur le tapis d’un autre enfant.

«Les enfants nous l’apprennent : liberté et discipline vont toujours ensemble, ce sont deux aspects d’une même chose et là où la discipline fait défaut, la liberté n’est pas parfaite. La volonté et l’obéissance vont de pair puisque la volonté apparaît en premier et que l’obéissance vient, plus tard, s’appuyer sur elle. La liberté est essentielle à la véritable obéissance, celle qui résulte du choix et non de la contrainte, elle est donc essentielle dans l’apprentissage de la volonté.» Maria Montessori

 

  1. La connaissance du monde

Découvrir pour trouver sa place

Un apprentissage essentiel
Maria Montessori expliquait très bien qu’il est indispensable de donner à l’enfant la meilleure connaissance possible du monde dans lequel il vit. En effet, on a souvent peur de ce que l’on ne connaît pas, ce qui déclenche des réactions de rejet, d’intolérance et de perte de confiance en soi.

A l’inverse, plus l’enfant aura de connaissances sur le monde, sur l’histoire, plus il aura confiance en lui et mieux il trouvera sa place.

Dès le plus jeune âge
Lorsqu’il est encore bébé, le monde dans lequel vit l’enfant se limite aux personnes qui s’occupent de lui, puis à sa chambre. Viennent ensuite la maison, le jardin, la crèche, le lieu où il vit dans la journée. Plus il grandira, plus il aura besoin qu’on lui présente le monde entier : le soleil, la terre, les continents, les animaux, les fleurs, les légumes, les insectes, les habitats, les habitants, etc.

Tout petit déjà, quand il ne marche pas encore et que ses mains ne sont pas encore parfaitement développées, le bébé s’approprie le monde qui l’entoure avec ses autres sens (la vue, l’ouïe, l’odorat et le goût). Il reconnaît l’odeur de sa mère, il voit son visage, il touche ce qu’il a sous la main.

Il est alors important que tout reste bien stable. Ainsi, pendant les premiers mois de la vie du bébé, il sera nécessaire d’éviter de changer de parfum, de savon ou de lotion hydratante car cela peut perturber sa reconnaissance du monde. Ne laver pas non plus trop souvent son «doudou» car les odeurs familières dont il est imprégné vont le rassurer.

Lorsqu’il grandit
A mesure que ses gestes vont devenir plus précis, le bébé va découvrir les textures et les formes des objets, tantôt avec ses mains, tantôt avec sa bouche, tantôt avec ses pieds.

Puis, lorsqu’il va grandir et commencer à rouler sur lui-même, il va s’approprier le monde de sa chambre par lui-même. D’où encore l’importance de le laisser dormir sur un petit matelas par terre afin qu’il puisse justement partir à la découverte de cet espace.
Ensuite, il sortira de sa chambre et partira à l’aventure dans toute la maison. Pensez à bien sécuriser car ce jeune enfant veut goûter, toucher, voir, sentir, tout ce qu’il va rencontrer dans ses déplacements. Attention à sa sécurité, donc, car sa connaissance du monde qui l’entoure lui donnera confiance en lui s’il ne rencontre aucun danger.

La découverte de la nature

A la maison
La découverte de la nature est une étape essentielle dans le développement du bébé et sa connaissance de ce qui l’entoure.

Si cela est possible, il est bien d’installer un tapis d’éveil près d’une fenêtre par laquelle le bébé pourra observer la nature et tous ses changements.

A l’extérieur
Le sortir dehors est également essentiel et lui apprendra beaucoup. Le souffle du vent sur sa peau, le chant des oiseaux, les feuilles qui bougent au gré du vent, tous les bruits extérieurs, l’eau d’une fontaine ou d’une rivière, toutes ces choses qu’il va s’approprier peu à peu et qui lui deviendront si familière qu’il sera en pleine confiance lorsqu’il sortira.

Lorsque vous l’emmenez en promenade, pensez aussi à lui faire ressentir la nature par le toucher (en faisant bien attention à sa sécurité) : toucher l’écorce d’un arbre, une feuille, la terre, le sable, des cailloux, une pomme d epin, et encore une fois les animaux.

 

  1. Les potentiels de l’enfant

L’aider dans son développement

Tous les potentiels se valent
Dans la pédagogie Montessori, nous mettons tout en place pour permettre à l’enfant de développer tous ses potentiels propres. C’est-à-dire que dans l’environnement, l’enfant trouvera, au fur et à mesure de son développement, tout le matériel qui va lui permettre de les développer.

Ainsi, il va le faire à son rythme et selon ses propres capacités sans que jamais l’adulte n’établisse de comparaison, et en faisant le maximum pour que l’enfant ne puisse pas non plus se comparer aux autres. Tout potentiel a une valeur et aucun n’a une valeur supérieure à un autre.

On sait que l’enfant traverse des périodes sensibles mais elles ne se passent pas toujours dans le même ordre, et certains vont passer plus de temps sur l’une ou sur l’autre. Ainsi, chacun peut vraiment être lui-même et peut se connaître peu à peu.

De plus, le fait de développer le maximum de choses rend la vie plus facile à l’enfant et évite les trop grandes difficultés qui génèrent chez lui une perte de confiance en ses facultés.

L’enfant naît unique, le reste et apprend à bien se connaître. Il sait pas lui-même grâce à son autonomie, au contrôle de l’erreur, ce qu’il parvient à faire, ce qui est un peu difficile, ce qu’il aime ou ce qu’il n’aime pas et sans jamais se comparer à quelqu’un d’autre puisqu’il se construit par lui-même juste parce que l’adulte a organisé l’environnement en fonction de son développement et lui a fait des présentation que l’enfant s’est appropriées en fonction de lui-même.

Toutes ces activités, il les aura faites individuellement donc sans avoir à se comparer à d’autres ; il se construit individuellement selon ses propres besoins et son rythme d’apprentissage et ainsi une fois de plus apprend à bien se connaître par lui-même. L’adulte ne fera pas de compliments excessifs, ne donnera pas de récompenses car de cette manière l’enfant fera les choses pour lui-même, pour le plaisir de se construire en tant qu’être unique.

Dès le plus jeune âge
Pendant les premiers mois de sa vie, le bébé va apprendre à faire confiance au monde dans lequel il vient de naître, mais aussi en lui-même d’une certaine façon se dire : «Je peux le faire ; je suis capable de le faire.» Pendant les 2 années suivantes, il va se confirmer à lui-même qu’il est capable d’agir dans ce monde comme s’il disait : «Je suis un être utile, je participe à la vie.»

Tout cela va lui permettre de développer une grande et profonde estime de lui-même et plus largement une confiance en lui, dans le monde.

En mettant au service de l’enfant des activités dès la naissance, on lui permet de développer ses capacités et ainsi de développer sa propre personnalité.

Un être qui sait qui il est, qui se connaît bien, saura beaucoup mieux ce qui est bien pour lui et encore une fois développera sa confiance en lui.

Le rôle des sens

Appréhender le monde
Maria Montessori avait observé que l’enfant s’appropriait le monde dans lequel il vivait d’abord par les sens : «Les sens sont l’organe de préhension du monde extérieur, nécessaire à l’intelligence.» Ainsi, plus les sens de l’enfant sont développés et plus il aura une perception poussée et fine du monde. Il le comprendra mieux, s’y sentira bien et aura confiance en lui.

Il faut donc tout mettre en place dans l’environnement de l’enfant pour lui permettre de développer ses sens.

En présentant l’enfant un matériel approprié pour son développement sensoriel, on lui permettra aussi de considérablement développer sa concentration.
La concentration est essentielle pour bien apprendre, bien comprendre, bien assimiler toutes les choses et se sentir bien.

Mettre en place le développement des sens
Lorsque le bébé est très petit, ses sens sont le seul moyen d’appréhender le monde dans lequel il vient de naître. Il va ensuite évoluer à son propre rythme.

Les sens sont directement reliés au cerveau.

Chaque perception (bruit, odeur, contact, image ou saveur) envoie des images sensorielles au cerveau. Ensuite, tout un travail de tri de l’information, de stockage, de comparaison avec les informations préalablement mémorisées et analysées, de connexions s’établit entre les cellules nerveuses.

Dans un premier temps, l’enfant va absorber de manière inconsciente toutes les informations reçues par ses sens, puis, petit à petit, il les mémorise, les trie et les ordonne grâce à son cerveau, dans lequel chaque sens a une localisation spécifique. Le sens du toucher y occupe une place importante étant donné qu’il s’agit du sens qui est en constante interaction avec l’environnement.

Lorsque l’enfant est tout jeune et qu’il ne sait pas encore bien utiliser ses mains, tous ses sens sont en éveil. Il est dont très important à ce moment-là de stimuler les autres sens tels que la vue et l’ouïe.

Les activités ludiques sont extraordinairement motivantes, structurantes et constructives. Le jeu permet d’enrichir l’expérience de l’enfant en faisant toutes sortes de tentatives, d’essais et d’erreurs, de comparaisons, en observant ce que cela donne.

Le développement du goût

Varier les goûts
Dès la naissance, le bébé est déjà compétent pour les goûts comme pour les odeurs : il a déjà des préférences de goût en fonction de ce que sa maman aura consommé durant la grossesse.

La meilleure façon de développer le goût de l’enfant est de lui présenter régulièrement une grande variété d’aliments.

Il est important de faire manger votre enfant avec vous le plus souvent possible. C’est en voyant tout ce que ses parents mangent qu’il aura envie, lui aussi, d’y goûter.

On a remarqué qu’à partir du moment où l’enfant a développé sa préhension, il va tout porter à sa bouche et c’est une façon de développer aussi son sens gustatif : grâce à tout ce que nous allons mettre en place dans ses paniers de jeux (hochets, balles, livres tactiles, etc.) il va goûter des «saveurs» différentes comme le bois, l’argent, le tissu, la laine…

Le développement de l’odorat

De même que le goût, le bébé a déjà son odorat dans le ventre de sa mère à travers le liquide amniotique.

Puis dès sa naissance, il distingue rapidement l’odeur de sa mère et des personnes qui s’occupent de lui. Puis, il distinguera bien les odeurs associées à sa familles comme, par exemple, l’odeur de la cuisine, celle de certains végétaux qui se trouvent dans son environnement.
Profitez des activités avec l’enfant pour cultiver son odorat en lui faisant sentir le parfum des fraises, l’arôme du basilic, en l’emmenant chez un fromager, chez un poissonnier, dans une ferme, etc…

Le développement de l’ouïe

Le bébé entend dans le ventre de sa mère les voix mais aussi les musques que sa mère écoute !

Lorsqu’il est né, pour développer ce sens, il est important de beaucoup parler au bébé, de chanter (ce que les bébés adorent), de lui faire écouter des musiques très variées.

Il est important de choisir avec soin ce qu’on va lui faire écouter et de varier les genres musicaux. Le fait d’écouter des musiques variées, étrangères, va aussi lui permettre de s’ouvrir sur d’autres cultures et d’élargir ses horizons.

Le développement de la vue

Les mobiles et les images
La vue est peu développée lorsque l’enfant naît et va se développer peu à peu au cours de sa croissance. C’est la raison pour laquelle on va mettre en place, près de lui, dès la naissance, des objets ou des images de couleurs contrastées et plus particulièrement en noir et blanc.
Dès sa naissance, on va accrocher proche des ses yeux et au-dessus de son thorax, un mobile en noir et blanc appelé «Mobile de Munari» qui est également équipé d’une sphère en verre réfléchissant la lumière naturelle.

Au fur et à mesure de l’évolution de la vue, on va remplacer le mobile de Munari par d’autres mobiles étudiés pour le développement du sens visuel :

  • le mobile de Gobbi composé de 5 sphères identiques par leur taille mais différentes par leur couleur (qui est en dégradé -peu importe la couleur choisie). Les sphères sont recouvertes d’un coton soyeux qui va aussi refléter la lumière. Leur nom vient de Gianna Gobbi qui était une assistante formée par Maria Montessori.
  • Le mobile des octaèdres
  • le mobile des danseurs

Des images en noir et blanc seront également accrochées dans l’environnement de l’enfant : près de sa table à langer, de son tapis d’éveil,, afin de développer son sens visuel.

Des livres en noir et blanc lui seront également présentés, même quand il est très petit.

Lorsqu’il grandit, on va lui proposer des puzzles, puis de nombreuses activités de tri, des mises en paires de cartes identiques, des algorithmes…

Le développement du toucher

Un sens primordial
Le sens du toucher fonctionne énormément dès la naissance. Même s’il est encore incapable de gestes volontaires, le bébé est très réactif au toucher. Par exemple, lorsque vous placez votre doigt au centre de sa main, il la serre.

Le toucher joue un rôle très important dans la vie émotionnelle et relationnelle du bébé. Certains gestes, comme une caresse, lui procurent un sentiment de bien-être qui suffit parfois à calmer ses pleurs et donc à faire passer le stress, tandis que d’autres comme une piqûre peuvent au contraire altérer son sentiment de sécurité et de confort. Le bébé est donc très sensible aux gestes qu’on lui porte et plus particulièrement à ceux de ses parents et des personnes qui s’occupent de lui.

Comment le développer ?

Les hochets et le tapis d’éveil, munis de textures différentes, vont permettre à l’enfant de découvrir très petit des matières différentes et donc des sensations différentes.

Le massage est également très bénéfique pour son développement et son bien-être à condition de rester à l’écoute des signaux de confort et d’inconfort du bébé.

Les balles de textures différentes seront également excellentes pour le développement du toucher.

Lorsque l’enfant grandit, vers 18 mois, vous pouvez réaliser des sacs à mystère.

Le développement de la motricité de la main et de la motricité globale du corps

Ne rien forcer
Par le mouvement libre qui lui est laissé tout petit, l’enfant va développer sa motricité globale à son rythme et par ses propres actions. On ne le poussera jamais à franchir des étapes comme d’essayer de le mettre assis, de le faire marcher… Il doit pouvoir avancer à son rythme et faire les choses les jour où il sera prêt, quand il aura confiance en lui.

Les installations pour l’aider
Pour l’aider dans ces difficiles acquisitions, on peut lui installer un miroir horizontal sur lequel sera installé une barre : c’est «le miroir avec barre de brachiation.»

Cette barre horizontale va lui permettre de développer ses muscles des bras, son équilibre et peu à peu la position verticale. Comme au début, il va souvent tomber, il est important d’installer le long du miroir un tapis bien épais.

Lorsqu’il marchera, Maria Montessori conseille d’emmener l’enfant pour de longues marches dès que possible afin qu’il perfectionne cet acquis. Ces compétences évolueront différemment d’un individu à l’autre, selon les opportunités, l’environnement et l’espace de l’enfant.

Elle a beaucoup écrit sur l’importance du mouvement dans la pédagogie. En tant que médecin, elle étudié de près les aspects physiques et physiologiques du développement et elle explique que l’homme est une unité dans laquelle l’esprit et le corps fonctionnent de concert.

Nos réactions face aux chutes ou bosses éventuelles vont être aussi très importantes pour que l’enfant continue à avoir confiance en ses compétences pour marcher, courir, escalader, etc. Nous en avons parlé dans le chapitre sur le rôle de l’adulte.

Le développement de la motricité fine

Le rôle essentiel de la main
Maria Montessori disait : «Les sens sont les organes de préhension des images du monde extérieur, nécessaires à l’intelligence, comme la main est l’organe de préhension des choses matérielles. Mais les sens et la main peuvent s’affiner au-delà de leur simple rôle. L’éducation qui élève l’intelligence doit élever toujours davantage ces deux moyens, capables de se perfectionner ultérieurement

Elle avait remarqué que la construction de l’intelligence se fait par la boucle «main-cerveau-main» : en manipulant des objets, la main perçoit des informations qu’elle envoie au cerveau. Celui-ci les assimile et la main utilise ensuite ces nouvelles données. Ainsi encore une fois, petit à petit, l’intelligence s construit au contact du monde réel.

Les activités de vie pratique
Vers 15 mois, quand sa main sera un véritable outil qui fonctionne, l’enfant sera prêt et capable de copier les activités de l’adulte.

Il n’aura qu’une idée, c’est travailler à côté d’un être qui l’aime, qui a de la patience et en qui il a acquis une véritable confiance. Les activités que l’on va pouvoir lui présenter sont celles que nous appelons les activités de «vie pratique»

Maria Montessori suggérait de faire de l’enfant de 15/18 mois le compagnon journalier de l’adulte dans les simples tâches de la vie quotidienne. C’est une façon de respecter l’enfant dans son désir d’imiter l’adulte. Les parents doivent ainsi absolument inclure l’enfant selon ses capacités et ses intérêts dans les activités journalières suivantes :

  • mettre la table
  • ranger les courses
  • trier le linge
  • laver le linge
  • laver un miroir
  • faire briller un vase
  • faire des bouquets
  • cires des chaussures ou astiquer des cuivres
  • passez la balayette
  • plier des serviettes

Ces activités doivent toujours utiliser du vrai matériel. Mais celui-ci doit être petit et léger. Pensez à toujours ranger le matériel de manière simple et ordonnée en ordre d’utilisation de gauche à droite. L’enfant va intérioriser cet ordre et cela devient naturel dans sa façon de penser.
Ces activités devront toujours être cycliques (avoir un début et une fin), et se faire de la même façon logiquement pou permettre à l’enfant d’intégrer cet ordre.

Une fois que l’adule se sera beaucoup entraîné dans la présentation de l’activité, il la préparera sur un plateau laissé à la disposition de l’enfant, la présentera très doucement en pensant à faire le plus d’étapes possible afin que l’enfant intègre chaque geste à faire.

Le développement de la concentration

Une habileté essentielle à développer aussi chez l’enfant est la concentration. Cela peut commencer très tôt avec l’installation des mobiles que l’enfant va pouvoir observer longtemps, aiguisant ainsi sa concentration.

La confiance est nécessaire dans tout apprentissage que ce soit scolaire mais aussi pour apprendre à parler, à faire un sport, à jouer à un jeu, etc. Elle facilité énormément la vie, permet d’accroître ses capacités et ses activités

Le développement de la créativité

Une clé de la confiance
Un des potentiels extrêmement importants pour aider l’enfant à développer sa confiance en soi est la créativité. En effet, un enfant qui est créatif saura toujours trouver des solutions dans la vie. Il ne sera jamais soumis à une cause ou à une situation, il saura qu’il sait être créatif pour trouver comment s’en sortir ou trouver un autre chemin pour atteindre son objectif.

La créativité permet aussi de moins subir les situations et d’en être acteur, de créer sa vie, de la construire, d’être autonome. Un enfant qui ressent qu’il est capable de construire sa vie, à son niveau bien sûr, développera une grande confiance en lui-même.

Comment le développer ?
Lorsqu’on le voit essayer, et ne pas y arriver du premier coup, il faut se retenir d’intervenir. En tant qu’adulte, nous avons envie de l’aider, de lui montrer comment faire et cela n’est pas bon pour lui car il ne développe pas ainsi sa capacité créative qui va l’aider à trouver sa propre solution.

Un bébé trouve tout seul comment atteindre des jouets un peu éloignés. Lorsqu’on observe un tout-petit à plat ventre qui désire atteindre un jouet un peu hors de sa portée directe, c’est impressionnant de voir comment il va chercher les solutions pour y arriver. L’enfant qu’on laisse ainsi agir va développer une grande confiance en lui lorsqu’il va atteindre lui-même son but.

Le contrôle de l’erreur permet aussi de développer la créativité de l’enfant. En effet, l’enfant qui a fait son exercice en entier et découvre qu’il s’est trompé grâce au contrôle de l’erreur devra chercher la façon dont il pourrait arriver au bon résultat. Il devra déjà comprendre pourquoi il s’est trompé puis être créatif pour trouver un autre moyen d’atteindre son objectif.

Il est important de la laisser réfléchir car il va ainsi développer son propre raisonnement et son intelligence.

 

  1. Le langage

«L‘enfant est à la recherche de tous les langages, de toutes les expressions parce qu’aucun langage n’est suffisant pour donner cour à la vie jaillissante en lui.» Maria Montessori

Un socle pour s’épanouir

Communiquer
Entre 0 & 6 ans l’enfant traverse la période sensible du langage ; au cours de ces années, l’enfant va aimer entendre les mots, parler, communiquer, lire, étendre son vocabulaire, écrire, parler une autre langue, etc. Il va apprécier et être attiré par tout ce qui a trait au langage.

Les frustrations
L’enfant qui a des difficultés à s’exprimer en ressent souvent une grande frustration. C’est ainsi que l’on voit dans es écoles des jeunes enfants qui tapent, font tomber les autres, les bousculent, mordent… Le mobile de cette violence est souvent un besoin de communication que l’enfant n’arrive pas à avoir avec des mots, que ce soit parce qu’il n’arrive pas à exprimer ses désirs ou parce que l’adulte en face de lui ne le comprend pas.

Favoriser le développement du langage

Le rôle de l’adulte
Il est essentiel de parler énormément à son bébé même lorsqu’il vient de naître. Il ne faut pas oublier que c’est très tôt dans la vie de l’enfant que vous posez les bases de la communication intelligente.

Souvent d’ailleurs, la qualité du bavardage est en corrélation avec la qualité de l’attention que les parents accordent à leur bébé.

La qualité de mots à laquelle le bébé est exposé est en lien direct avec le développement de son langage. Et le plus important : seuls les mots qui lui sont adressés directement.

Vers 12 mois, l’enfant prononce souvent son premier mot intentionnel. Il sera alors très important d’encourager cette évolution en lui parlant toujours le plus possible et de tout.
Essayez toujours de nommer les objets le plus correctement et le plus précisément possible, sans donner de nom générique(par exemple, ce n’est pas un arbre mais un chêne). Plus tôt l’adulte donnera le bon mot à l’enfant, plus facile ce sera pour lui de l’utiliser et mieux il s’exprimera.

Entre 12 & 18 mois, il est bien de répéter ce que dit l’enfant en lui disant par exemple, s’il montre le lait, «oui, c’est le lait!». Cela lui indiquera que vous comprenez ce qu’il vous dit. Il se rendra aussi compte que vous accordez de l’importance à ce qu’il dit et que ses efforts pour communiquer donne des résultats.

Entre 18 & 24 mois, il est important de continuer à compléter les mots de l’enfant par des phrases plus longues.

Entre 2 & 3 ans, il est absolument indispensable de montrer à l’enfant que ce qu’il dit nous intéresse et de continuer à lui donner des modèles de phrases en répétant ce qu’il dit et en y ajoutant des mots.

Lui parler va l’aider à construire son vocabulaire mais aussi à comprendre le rôle des choses qui l’entourent et à organiser le monde dans sa tête : par exemple, montrez-lui une brosse à dents et dites-lui : «C’est une brosse à dents, tu te brosses les dents avec une brosse à dents.»

Au cours de cette période, le livre tient toujours un rôle très important dans le développement du vocabulaire de l’enfant.

A partir de 2 ans, c’est aussi l’âge des bonnes manières. En conséquence, apprenez bien à votre enfant à dire «s’il te plaît», «merci», «excuse moi», etc… Ne lui faites pas répéter bêtement mais, encore une fois, montrez l’exemple.

A l’école Montessori, on appelle cela faire «des exercices de grâce et de courtoisie» et on multiplie les occasions d’en faire car on sait que c’est l’âge auquel l’enfant est fier de bien se comporter en société.

La leçon en 3 temps

Dans la pédagogie Montessori, l’apprentissage de tout nouveau vocabulaire se fait avec la «leçon en 3 temps.»

Les parents peuvent enseigner de cette façon -là, mais avec les tout-petits, car c’est vraiment idéal. Pour une jeune enfant, on se contentera de faire le premier et le deuxième temps de la leçon et, pour un enfant à partir de 3 ans, on fera la leçon en totalité.

Premier temps
Présentation de la notion à enseigner avec le mot exact (les couleurs par exemple) et l’association de la perception sensorielle avec ce nom.

Deuxième temps
Distinction de l’objet correspondant au mot «Montre moi le jaune»
Ce second temps est le plus important ; c’est lui qui contient la véritable leçon, l’aide pour la mémoire et l’association.

Troisième temps
Se souvenir du nom correspondant à l’objet
«C’est de quelle couleur (en pointant du doigt) ?»

Conclusion
Il est important de conclure cette leçon par : «Aujourd’hui, nous avons appris les couleurs jaune, rouge & bleu»

On présente en général les objets, les lettres, les chiffres, les couleurs… 3 par 3. Pour un très jeune enfant ou un enfant qui a quelques difficultés (dyslexie, dyscalculie, difficultés d’apprentissage pour toute autre raison), on peut cependant faire des présentation avec seulement 2 objets.

L’apprentissage d’une seconde langue
Apprendre une seconde langue est également un apprentissage très important pour le développement de la confiance en soi de l’enfant. En effet, un être qui pourra communiquer dans plusieurs langues aura une vie facilitée.

Cette nouvelle capacité va ouvrir l’enfant à d’autres sons, sur un autre monde, une autre culture, une autre façon de penser et donc élargir encore ses horizons, ce qui est fondamental pour la confiance en soi.

Les moyens d’apprentissage d’une seconde langue
L’idéal est naturellement que l’enfant soit mis en contact avec une seconde langue dès la naissance, notamment si l’un des parents parle une langue étrangère. Mais si ce n’est pas la langue maternelle d’un des parents, ceci peut être bien compliqué et frustrant pour l’adulte en question qui, à ce moment-là, va peut être manquer de vocabulaire pour exprimer à son enfant tout ce qu’il ressent et qu’il a envie de lui communiquer.

Cependant, pour des parents ne parlant pas de deuxième langue, il est tout de même possible de développer cet apprentissage à la maison.

Même si l’accent de l’adulte n’est pas très bon, ce n’est pas très grave, l’enfant va entendre une autre langue ; prendre conscience que les mots peuvent être dits de façon différente, que des personnes parlent différemment, et donc éveiller un intérêt pour tout cela. De plus, n’ayant aucun complexe, le jeune enfant s’amusera à répéter et s’appropriera ainsi un important vocabulaire.

 

Conclusion

De plus en plus de personnes comprennent que le seul moyen pour faire évoluer notre monde vers un monde de paix est l’éducation. Éducation donnée par les parents et par les adultes d’abord dans les lieux d’accueil des bébés puis dans les écoles.

Si l’on veut que l’enfant d’aujourd’hui devienne un adulte heureux, et développe de belles valeurs, il est indispensable que les adultes qu’il va rencontrer sur son chemin mettent tout en œuvre pour lui permettre de gagner ces valeurs extrêmement importantes pour son avenir : la confiance en soi, qui va de pair avec l’autonomie, la créativité et un vocabulaire particulièrement bien développé.

Tout être peut se développer en harmonie et avec confiance s’il reçoit l’amour de ses parents mais aussi l’amour de toutes les personnes qui s’occupent de lui. Ce sentiment est totalement indispensable à l’enfant pour se construire avec confiance, confiance en soi mais aussi confiance en l’adulte et confiance dans le monde dans lequel il va grandir. On ne donne jamais trop d’amour à un enfant.

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