Montessori pour mon bébé – Murielle Lefèbvre

Editeur : Ideo
Date de publication : 2017

Collection : City Ideo
Auteur : Murielle Lefebvre

Murielle Lefèbvre est éducatrice Montessori depuis plus de 20 ans. Elle a été formée en France et à l’étranger, notamment aux Etats-Unis. Elle dirige et est formatrice Montessori au sein du centre de formation professionnelle Tout Montessori France.

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Son blog dédié à l’accompagnement des parents dans l’éducation de leur bébé ici

 

Nourrir la vie spirituelle de mon bébé

C’est l’écouter respirer, prendre le temps de le regarder
C’est lui dire que je suis fatiguée, mais que j’ai confiance en lui, que je l’aime
C’est le remercier d’être là
C’est le prendre tout contre moi et ne rien dire
C’est penser qu’il est un être vivant doté d’une grande force intérieur qui le fait grandir
C’est le tenir éloigné des nombreuses nuisances à son développement, ne pas le réveiller quand il dort
C’est lui accorder une priorité dans ma vie
C’est lui chanter des chansons douces et aimantes en le berçant
C’est le masser, le caresser et l’embrasser tendrement quand il est prêt à recevoir
C’est lui sourire


Les bases de la pédagogie montessorienne et piklérienne

Éduquer le potentiel humain
Éduquer : parce que nous sommes des éducateurs auprès de l’enfant, pas des enseignants. Nous pouvons enseigner les mathématiques, mais éduquer un enfant, c’est bien plus qu’enseigner des concepts, de la culture. Éduquer, c’est aider l’enfant à faire émerger son potentiel humain.
Potentiel : chaque enfant a en lui, au plus profond de son être, une force vitale. Ils sont solides, luttent pour exprimer une force inconsciente qui les pousse à se développer dans un monde pas toujours préparé, ni ouvert, ni compréhensif, ni adapté.
Humain : une personne qui aime, crée, ressent, communique. C’est un ensemble de qualités qui nous différencient de l’animal.

Paul Czaja, philosophe et formateur Montessori, résume le développement du potentiel humain en 3 forces :

– la première est celle de la vie. L’enfant développe lui-même son potentiel ; sa force de vie est créative ; l’adulte peut compter dessus.
– la deuxième force est l’environnement : avant la naissance, c’est le placenta dans lequel évolue l’embryon, puis le fœtus ; après c’est ce dont l’enfant disposera.
– la troisième force est la mère. Son sang nourrit le bébé. Elle est la mère nourricière.

Selon Maria Montessori, de 0 à 24 ans, la personne se développe selon 4 phases temporelles :
– de 0 à 6 ans, c’est la petite enfance
– de 6 à 12 ans, c’est l’enfance
– de 12 à 18 ans, c’est l’adolescence
– de 18 à 24 ans, c’est la maturité

Les époques 1 & 3 sont comparables, car ce sont des temps d’acquisition, et les époques 2 & 4 sont des temps de perfectionnement.
– La petite enfance est celle des périodes sensibles, celle des fondements de la personnalité, celle d’une indépendance de mouvements, celle de l’explosion du langage (écrit & parlé)
– L’adolescence sera celle de l’indépendance intellectuelle ; de changements profonds physiologiques, moraux & sociaux.
– La maturité se passera d’autant mieux que l’adolescence aura été épanouissante. Elle sera l’aboutissement de ces métamorphoses successives et permettra au potentiel humain de s’épanouir.

Les périodes sensibles
En tant que médecin, Maria Montessori avait pu apprendre, notamment de M. Hugo de Vries, l’existence de périodes sensibles, chez les animaux et chez l’homme.
Ensuite, dans l’institut pour enfants déficients mentaux où elle travailla, les périodes sensibles de l’enfant lui apparurent différemment. Elle notait la croissance des enfants, leurs comportements et leurs progrès. Grâce à cette démarche scientifique, elle élabora une synthèse, sous forme de proposition, destinée à favoriser l’éducation sensorielle du petit enfant.
Dans ses livres, vous ne trouverez pas de tableau récapitulant les périodes sensibles. Ce sont ses élèves qui nous les ont transmises. Ces moments-clés sont facilement identifiables chez le petit enfant. Une période sensible ne reviendra pas. Vous ne pouvez la créer, la reporter, l’allonger ni l’annuler. Vous pouvez seulement vous y adapter et créer un environnement adéquat.

Le développement sensori-moteur de l’enfant
Le développement moteur d’un enfant se fait selon 3 axes : locomotion, posture et préhension
– la locomotion regroupe les actions de déplacements du corps : ramper, marcher, courir…
– la posture concerne les positions du corps
– la préhension se rapport à la main

Le développement moteur s’effectue tout au long de l’enfance, passe d’involontaire à volontaire, se poursuit vers l’autonomie. Ce développement dépend de celui du cerveau. Il suit les grandes lois décrites par les psychomotriciens (l’enfant contrôle le bras, puis la main, puis les doigts)

Le développement naturel de bébé
Quels seront les valeurs de notre accompagnement ?
– l’ordre, dans la tranche d’âge de 0 à 3 ans. Concrètement, notre maison ou structure d’accueil sera propre et rangée, le matériel d’éveil, classé.
– la consistance. Le bébé construit des cartes de compréhension du monde qui l’entoure jour après jour. On ne modifiera que rarement les emplacements des meubles et objets. On prévoira des routines dans nos actes et paroles, une communication claire avec des règles et limites non variables
– la sécurité et le confort. A cet âge, le bébé explore tout autour de lui. Si vous lui avez laissé l’accès libre à un environnement, vérifiez bien chaque composant de la pièce, des meubles aux objets, afin que rien de grave ne lui arrive. Le bébé sera constamment surveillé par un adulte, sauf dans une zone complètement sécurisée ou vous pourrez vous éloigner quelques minutes, en gardant néanmoins un contact auditif. Veiller au confort de l’enfant, cela signifie des meubles en plus pour les enfants, de l’espace en moins pour les adultes.

Les apports complémentaires d’Emmi Pikler à la pédagogie Montessori
Les principes que nous pouvons reprendre dans les structures montessoriennes ou à la maison sont :
– des échanges verbaux nombreux avec l’enfant, sur ce que l’on va faire, ce que l’on fait, ce que l’on fera. La notion de sphère de communication est importante et valorisée.
– un environnement sécurisé avec du matériel d’exploration basique : des bassines, des coussins, une petit estrade pour découvrir l’apesanteur, un tunnel.
– des moments de sieste – en plus des moments de jeux et d’exploration en contact avec l’extérieur déjà proposées par Maria Montessori
– une liberté de mouvements avec un grand «L», qui interdit d’asseoir un enfant, de poser un bébé sur le ventre, de caler un bébé dans une position qu’il n’aura pas découverte par sa propre expérience. Cette liberté de mouvements sera la porte d’entrée à l’épanouissement et à l’émergence d’une personnalité qui saura se connaître et se maîtriser.
– Les soins quotidiens apportés à l’enfant sont consciencieux, tant en termes de qualité que de quantité.

Psychologie de l’enfant et comportements à adopter

Éduquer le potentiel humain
La psychologie de l’enfant (psycho = âme et logo = science) est une branche de la psychologie qui a émergé à la fin du XIXè siècle. C’est une science qui étudie les processus mentaux humains.
Maria Montessori et Emmi Pikler ont compris qu’au delà des besoins basiques, le bébé avait d’autres moyens pour devenir une personne épanouie. Elles ont, sans le savoir, donné une grande impulsion à la science qu’est la psychologie de l’enfant.
Si nous voulons accompagner un enfant dans son développement, il faut prendre en compte ses émotions, son langage, sa famille, son histoire, ses processus de raisonnement, sa personnalité dans son ensemble. Il nous faut du temps, de la patience et de l’empathie.

L’attachement selon Hubert Montagner
Définition tirée de son livre «L’attachement – les débuts de la tendresse» : l’attachement est l’ensemble des liens qui s’établissent d’emblée ou qui se construisent entre l’enfant et toute autre personne.

La bientraitance
Elle définit l’ensemble des attitudes bienveillantes envers une personne (voire un animal)

Les douces violences
Mon amie Bernadette Moussy m’a récemment fait connaître les idées de Mme Schuhl sur les douces violences : nous (parents, professionnels de l’enfance) avons des gestes, paroles et attitudes envers les bébés qui sont dénués de violence dans l’esprit mais pas dans les faits (parler au-dessus de la tête de l’enfant, ramasser de la nourriture autour de sa bouche avec la cuillère, regards sévères et soupirs d’exaspération…). C’est la confiance de l’enfant et envers l’enfant qui en est l’enjeu. Car il s’agit d’un héritage culturel, familial et ancestral dont nous devons prendre conscience. Si on n’y prend pas garde, ces gestes peuvent rapidement devenir de la maltraitance.

Libertés et limites
Notons ce qu’un enfant peut refuser dans la Maison des enfants :
– des récompenses et des punitions
– des syllabaires
– des leçons collectives
– des programmes et des examens
– des jouets et de la gourmandise

Il ne s’agit pas de laisser les enfants libres dans le sens «en roue libre» sans guide et sans limites. Car l’éducateur est un guide, et les limites sont clairement et solidement définies.

A qui se fier ?
Quand on a un souci avec son enfant, que faire ? A qui se fier ? Qui consulter ? Qui croire ? Les médecins, pédiatres, spécialistes, chercheurs ? Les journalistes (télé, magazines, livres, conférences) ? Les écrivains ? Internet ? La famille, les amis, les voisins ? L’assistante maternelle, la directrice de crèche ou la maîtresse d’école ? Chacun vous apportera une réponse, sa réponse. En fonction de son histoire, de sa culture, de son expérience.
La plupart du temps, vous portez en vous une grande partie de la réponse : observation, bon sens, amour, écoute, introspection et autoguérison. Il faut croire en soi, se faire confiance, avoir confiance en son enfant, croire au potentiel humain.

L’éveil social de bébé

Éduquer l’enfant à la compréhension de ses émotions et à la maîtrise de certaines est un grand service à lui rendre pour son avenir. Combien d’entre nous ont en mémoire des adultes colériques devenant violents et agressifs, car incapables de maîtriser l’émotion qui les submerge, au point de le transformer en père/mère, mari/épouse ou collègue maltraitant ?

Quand il sera plus âgé, grâce au langage des signes pour bébés, nous signerons ses émotions pour en renforcer le sens et mettre à sa disposition un premier moyen d’expression. Les pictogrammes sont un autre outil d’apprentissage et de compréhension des émotions.

La conscience du moi
Entre 2 mois et 3 ans, l’enfant utilise déjà le «moi». Nous guettons l’apparition du «je». Il a conscience de sa personne puisqu’il exprime ses besoins, ses émotions, ses souhaits.

L’observation

Il faut réunir un certain nombre de critères pour que l’observation soit efficace. Elle va faire évoluer votre compréhension de l’enfant en général.
Si vous comprenez qu’en observant, c’est vous qui allez vous transformer et rien d’autre, ce sera une avancée considérable pour l’éducation des enfants. Ce sont eux qui vont vous transformer en être humain.

L’observation à la maison
La plupart des professionnels du monde de l’enfance utilisent des méthodes d’observations différentes, dans un même but cependant : enrichir leur compréhension de l’enfant. Mme Bick, psychanalyste polonaise, proposa en 1948 une méthode d’observation – très répandue désormais dans le milieu professionnel – pour la formation des psychothérapeutes d’enfants, méthode qui s’appuyait sur une observation directe de la famille et du bébé.

L’observation selon Maria Montessori
Maria Montessori, en tant que médecin visitant des familles, observait durant ses consultations le comportement des bébés et enfants. Elle en parle souvent dans ses livres.
Plus tard, elle visita de nombreuses écoles qui s’étaient inspirées de sa méthode. En tant que visiteuse, elle pouvait s’asseoir et observer les enfants au travail.
Cette démarche empruntée à l’examen clinique et aux psychanalystes l’ont amenée à «opérer» ainsi auprès des enfants et à façonner les éléments essentiels de sa pédagogie.
En ce qui concerne la pédagogie Montessori, il y a des conditions minimums à réunir pour observer. D’une part, se trouver au milieu d’enfants à observer (observation directe), dans une position statique et silencieuse. Il faut en avertir les intéressés avant. D’autre part, l’observateur ne doit pas intervenir (observation passive), passer du temps avec les enfants et s’entraîner régulièrement à cet exercice. La prise de note instantanée est de mise ; et le débriefing est essentiel si l’observateur veut que le processus lui permette de mieux comprendre l’enfant, et surtout ses propres projections et transferts émotionnels. Le mieux est de ne pas connaître les enfants et de ne pas arriver avec des hypothèses ou des à priori.
L’observation a un objectif. Si vous ne l’énoncez pas clairement, vous risquez de vous retrouver devant une somme d’informations inutilisables. Une observation objective n’existe pas, car nous projetons sans cesse nos propres émotions, notre propre histoire, notre propre enfant intérieur sur ce que nous observons. C’est la sélection d’une réalité. Mais nous pouvons, grâce à elle augmenter notre empathie, notre compréhension des capacités précoces de bébés.

Mon expérience d’observatrice
«Il faut que l’adulte essaie d’interpréter les besoins de l’enfant pour les comprendre et les seconder en lui préparant une ambiance appropriée» Maria Montessori – L’Enfant
Ce qui se passe actuellement est symptomatique de notre époque. Nous mettons des étiquettes hâtives sur l’enfant, comme celle de la précocité, de l’hyperactivité, des troubles de comportement, etc. Nous n’observons pas vraiment l’enfant ni suffisamment, nous ne travaillons pas assez en équipe et nous ne prenons pas ensemble, c’est-à-dire avec l’enfant, les décisions pour qu’il puisse progresser. Nous doutons de sa capacité à évoluer, car nous sommes focalisés sur les soucis du présent.
Plus on observe et mieux on développe notre compréhension de l’enfant. Et il faut dire ce qui est : on ne prend jamais assez le temps d’observer notre enfant…

L’amour et la paix

«C’est bien une forme de l’amour, cette possibilité qu’à l’enfant d’observer avec une telle minutie, avec une telle véhémence tout ce qui l’entoure, et d’y découvrir ce qui nous échappe, à nous, qui sommes déjà éteints.» Maria Montessori – L’Enfant

La paix était une notion très chère à Maria Montessori, née durant la guerre, ayant vécu le traumatisme de 2 autres et enfin ayant été arrêtée lors d’un de ses séjours en Inde ! Les événements graves qu’elle a vécus avec sa famille lui ont permis d’écrire des discours très mûrs sur l’avenir de l’humanité et sur la paix.
Théoriquement, les écoles Montessori doivent proposer aux enfants un programme d’éducation à la paix. Pourquoi ne pas commencer plus tôt, dès la crèche ?

Qu’est-ce qu’un nido ?

Un nido est un lieu où tout est pensé pour le bébé. Les praticiens montessoriens ont décidé de conserver le terme italien nido pour parler du lieu d’accueil du bébé avant 18 mois. Ce sont les adultes qui vont devoir s’adapter : mettre des chaussettes pour marcher dans la pièce, s’asseoir par terre ou sur de petites chaises, murmurer et plier les genoux pour s’adresser à l’enfant.

Une ambiance sensorielle
Tout d’abord, c’est le silence : les éducatrices murmurent. Parfois, on met une musique d’ambiance, très douce. La lumière est tamisée, voire éteinte, dès l’instant qu’un seul des enfants dort. Les zones de l’ambiance sont clairement définies pour optimiser le développement des enfants.

Parlons de l’espace
L’espace pour l’éveil et le développement du bébé dans le nido est tout particulier. Des petits tapis de forme carrée en mousse de couleur (non toxique) sont posés sur le sol en parquet. La surface est délimitée d’un côté par le mur et de l’autre par une petite étagère en bois à un étage, dans laquelle se trouvent des paniers et objets de stimulation pour les enfants.

Parlons de l’organisation des activités
Les enfants passent du temps dans l’espace d’éveil, seuls, accompagnés d’une éducatrice ou rejoints par un autre enfant ou plusieurs. La notion d’activité n’existe pas dans ce lieu. Le cours de la journée est très fluide, car complètement rythmé par les besoins de l’enfant. La présence de peu d’enfants permet d’être à leur écoute et de changer le bébé quand il en a besoin, de le bercer après le repas, de l’accompagner dans son éveil. Après chaque action, l’éducatrice note, sur la fiche de suivi, la quantité de lait ingéré, l’heure du début de la sieste et de fin. Tout ceci dans une ambiance très zen.

Qu’est-ce qu’une classe enfantine ?

Après le nido, l’enfant évoluera dans une classe enfantine, une appellation propre à la pédagogie Montessori. Les enfants ont entre 18 & 36 mois, et évoluent dans un environnement préparé et une ambiance conforme. Les éducateurs ont été formés à l’accompagnement de l’enfant de cette tranche d’âge et sont très attentifs aux différents stades de son développement.

Le développement du bébé étape par étape

De la naissance à 6 mois

Les bases de l’éducation dès l’arrivée du bébé
Reprenons ces bases : un environnement sécuritaire physiquement, motivant intellectuellement et nourrissant émotionnellement. Un bébé à sa naissance à ce besoin de chaleur humaine, de la douceur des contacts physiques et sensoriels.
Mettons-nous au rythme du bébé. Il nous montre la voie avec ses cycles de sommeil et de nourriture, réduits par rapport à ceux de l’adulte. Soyons attentifs à ses pleurs qui sont ses moyens d’exprimer son émotion et ses besoins
Actuellement, les mamans ont besoin de soutien et d’accompagnement pour accueillir le tout-petit qui vient de naître. Elles ont, elles aussi, besoin d’un environnement sécurisant émotionnellement, confortables psychologiquement, et d’une relation positive avec les personnes et leur entourage proche. Si vous avez une nouvelle maman autour de vous, faites un geste, cela peut la réconforter, ne serait-ce que psychologiquement.

La pensée absorbante
Le bébé se nourrit de lait, mais aussi de tout ce qui l’entoure ; c’est un esprit absorbant.

A comme «amour», mais aussi comme «ambiance» et «attention».
– Amour : cela signifie que se dégage de la présence de l’adulte un grand respect vis-à-vis du petit être. Il n’y a pas d’amour sans respect.
– Ambiance : il s’agit de ce qui se passe dans l’espace où se trouvent l’adulte et l’enfant. Cet espace est spacieux, rangé, clair, calme, aéré et propre.
– Attention : on peut donner de l’amour, mais il ne correspondra pas forcément aux besoins de bébé. L’attention est proche de l’observation et elle ne sera pas la même d’un enfant à l’autre.

Le bébé se nourrit de tout ceci à chaque instant, à chaque respiration. Vous pouvez comprendre combien cela a de l’importance pour lui.

La vue chez les bébés
La vision des couleurs n’est pas achevée dès la naissance Il faudra donc attendre selon l’évolution de chaque bébé (car chacun n’évolue pas à la même vitesse) jusqu’à l’âge de 4 ans. En effet, c’est environ à cet âge-là que la vision des couleurs chez l’enfant est définitive. Les tests de daltonisme ne sont donc pas à faire avant cet âge là.

Le change et la toilette
Plusieurs fois par jour, il faudra nettoyer le bébé. Une zone est aménagée à cet effet de façon minutieuse, afin qu’aucun stress ne vous gagne ni ne se transmette au bébé Tous les accessoires et produits sont préparés en permanence. Ne vous éloignez jamais de l’espace où vous changez le bébé, surtout s’il est en hauteur.
Soulevez le bébé avec lenteur et précaution. Chaque geste doit être réfléchi. Basculez lentement le bébé sur le côté quand vous changez sa couche, tout en lui expliquant ce que vous allez lui faire. Si vous pouvez baigner votre bébé dans cet espace, c’est encore mieux. Ce dernier apprécie beaucoup l’eau, réminiscence de l’environnement liquide durant la gestation. N’hésitez pas à le baigner plusieurs fois par jour pour apaiser ses moments de tension. Là aussi, l’ambiance est sereine.
Profitez de ce moment pour parler à votre bébé, lui chanter des chansons, lui expliquer tout ce que vous faîtes. Il est à l’écoute. Tous ses sens sont en alerte. Dites-lui votre amour. Cet espace évoluera en même temps que le bébé, il faudra l’agrandir, ajouter des barreaux sécurisés et stimulants pour le développement de bébé.

Les vêtements
Les vêtements du bébé doivent être une seconde peau pour lui. Donc utiles, agréables, propres et efficaces. Choisissez des tissus en accord avec ces idées. Une peau de mouton toute douce sera un nid douillet sur lequel poser votre bébé. Posez-vous la question : bébé a-t-il l’air libre de ses mouvements ?

Le sommeil
Vous veillerez à mettre en place une lumière tamisée durant le jour et un éclairage par veilleuse durant la nuit. L’enfant doit pouvoir se reposer dans un espace où les bruits sont feutrés. Le bébé doit être à l’aise avec la température de la pièce. Le lit va évoluer selon les étapes de son développement. Lorsque vous laissez votre bébé s’endormir, dites-lui que vous allez revenir le chercher quand il se réveillera, que vous l’aimez et que son sommeil va être très profitable pour lui. La décoration de la pièce est sobre, les couleurs sont pastel. Une fenêtre est obligatoire pour la lumière naturelle et stimulante de la vision du bébé ; s’il peut voir la nature, c’est encore mieux.

Le topponcino
Maria Montessori proposait un petit matelas sur lequel poser en permanence le bébé et donc le maintenir dans une température et un ressenti identiques tout au long de la journée.

La nourriture
Que vous allaitiez votre bébé ou non, installez un large fauteuil confortable dans la chambre de bébé, au calme et en dehors de l’espace de vie principal. Mettez une musique d’ambiance apaisante durant ce moment privilégié avec votre bébé. Un bébé de 6 mois peut laper de l’eau dans un petit verre, s’il se tient assis et utilise ses 2 mains pour tenir l’objet.

L’espace d’éveil du bébé
C’est en agissant sur l’environnement du bébé que vous stimulerez son éveil. Il s’agit de peupler cet environnement d’objets stimulants.

Le matériel d’éveil
La main du bébé va se développer énormément au cours de sa croissance : bébé va l’ouvrir, tourner ses poignets, tout porter à sa bouche. Il va découvrir ses propres mains et jouer avec, sans objet, puis aller à la découverte des objets. Il faut donc prévoir des objets adaptés pour une préhension facile, agréable et renouvelée.
Privilégiez le bois, le carton, le papier, le tissu. Les catégories d’objets à choisir sont :
– les objets à regarder (type mobiles)
– les objets à attraper (type grelots)
– les objets à manipuler (type hochets)

Installez un tapis soyeux sur lequel vous pourrez poser le bébé en toute sécurité. Il doit être épais et nettoyé soigneusement chaque jour. Un miroir borde l’espace du tapis. Le bébé pourra y voir son reflet et celui des autres.

L’éveil social de bébé
Avant de parler des émotions des bébés, il fait réussir à les capter. Mais comment ? Une fois de plus , c’est l’observation attentive qui nous guidera. Après tout, le bébé mobilise toute son énergie pour exprimer ce qu’il ressent : peur, faim, fatigue et joie. Au fil des journées, bébé ressent de nombreuses émotions. En général, on imite les mimiques des bébés : on fait la grimace, la moue qu’il nous envoie. C’est bien, aussi, de mettre des mots que ce qu’on fait. Attention : les bébés nous imitent !
Plus tard, grâce au langage des signes pour bébés, on signera au bébé ses émotions afin d’en renforcer le sens et de lui donner un premier moyen d’expression.

La période de l’anxiété et de la séparation
Entre 4 & 7 mois, le bébé a découvert le concept de la permanence de l’objet. Il a joué au jeu du «coucou» avec l’un de ses parents. Il sait donc que les choses ou personnes disparaissent et réapparaissent dans certaines circonstances
Une période sensible à la séparation d’un adulte proche psychologiquement commence vers 8 mois et dure jusqu’à l’âge de 2 ans maximum. A quoi ressemble cette anxiété ? L’enfant s’accroche aux parents, aux éducateurs ; la séparation lui est difficile. Il fait des grimaces à la vue d’un visage nouveau ou inconnu. Il pleure, refuse la séparation, fait durer longtemps le temps de transition.
Quels sont les facteurs qui contribuent à cette anxiété ?
– les changements répétitifs de la personne qui prend soin du bébé
– des situations sans cesse nouvelles pour le bébé : voyage, nouveaux lieux, nouveaux rythmes.
– l’environnement trop stimulant, bruyant, effrayant pour le bébé
– le manque de routines, rituels et horaires équilibrés
– l’absence de communication verbale
– l’absence d’amour constant et englobant

Accompagner l’enfant durant la période d’anxiété et de séparation
Les paroles doivent être encourageantes, stimulantes, accompagnantes et positives. Si, dans une structure de type crèche ou école, l’enfant veut s’asseoir sur nos genoux, on peut lui proposer : «Tu peux t’asseoir à côté de moi, je suis très près de toi.» «Je vois que tu vas bien, je peux reculer un peu, et je suis toujours là.» L’aide vient aussi des autres enfants plus âgés, plus autonomes déjà, qui montrent l’exemple de comportements et de réaction aux plus jeunes. Nous pouvons leur dire : «Regarde T. comme il est content de jouer après que sa maman lui ai dit au revoir.»
Les crèches ou écoles peuvent par exemple organiser une rencontre pas trop conventionnelle avec les parents, au cours de laquelle on leur explique les points importants, dont celui de la séparation :
– toujours dire au revoir à son enfant et dire qu’on revient le chercher
– toujours dire aux enfants que les parents vont revenir les chercher
– toujours dire à l’enfant quand on s’en va et qu’on revient, même dans la maison

On demande aux parents de nous donner, pour leurs enfants, des objets de transition, album photos, doudous personnels. Les parents sont souvent émus durant cette période de première séparation avec leur bébé. Les professionnels doivent être sensibilisés à cet aspect et en tenir compte dans l’écoute et la communication avec les parents.

Les routines
Les rituels constituent une organisation séquentielle de ce qui se passe dans la journée du bébé.
L’important est de créer des routines qui lui conviennent. Ainsi, le bébé saura ce qui se passe, ce qui va arriver. Il reconnaîtra les lieux, les personnes. Il apprendra à faire confiance au monde environnant, qui deviendra familier et sur lequel il pourra s’appuyer.
N’avons-nous pas nous aussi nos petites habitudes, nos gestes automatiques, pour nous assurer des zones et moments de confort ou sérénité ?

Le cadeau du temps
Donner du temps au bébé, c’est le poser sur un petit tapis dans une pièce adaptée, sans bruit, l’observer, lui sourire, le caresser , lui parler de lui, de soi dans un murmure apaisant. Quinze minutes par jour, cela ne semble pas trop à offrir à ce petit être ? Si vous travaillez du matin au soir, toute la semaine, planifiez cet instant dans la soirée, après le bain du bébé. Cela vous apportera un nouveau souffle et un sentiment de bien être dans la relation avec votre bébé.

De 6 à 12 mois

Bébé se développe de plus en plus et devient capable de mouvements autonomes, même si la marche n’est pas encore acquise pour tous les enfants de cet âge. Il a développé l’usage de ses mains, ses bras, ses jambes, son bassin, son cou et toute sa colonne vertébrale.
Maria Montessori avait compris que les capacités motrices se développent dans le cerveau grâce aux connexions réalisées durant la période sensible de ses apprentissages.
Elle incite donc à proposer des objets et exercices en adéquation avec ce développement physiologique, qui s’effectue dans cet ordre, du haut du corps vers le bas :
– pour le cou
– pour les bras
– pour la main
– pour la colonne vertébrale
– pour le bassin
– pour les jambes

L’enfant va élargir son champ d’investigation grâce à ses propres mouvements. L’ambiance est plus que jamais soignée, car il rampe partout et met tout dans sa bouche.
Ne laissez jamais un bébé de cet âge seul, surtout dans une pièce nouvelle et inconnue. L’espace doit être dégagé pour lui laisser le libre choix de ses mouvements & directions.
Le bébé va passer, en roulant sur lui-même, d’une position couchée à une position sur le ventre, puis il se relèvera pour se mettre à 4 pattes, assis… peu à peu il utilisera la force de ses bras pour se hisser en position debout.
C’est incroyable d’observer les différentes techniques utilisées par les bébés pour se déplacer. Ils se déplacent tels des yogis expérimentés, un genou replié sous eux et l’autre en avant. Ils avancent aussi sur leurs bras et traînent leur corps sans utiliser leurs jambes.
Le bébé apprend seul à se mouvoir, mais vous pouvez et devez lui proposer des aides par l’intermédiaire de la barre horizontale, du chariot, du miroir qui lui renvoie des informations sur ses propres mouvements.

La notion de la spatialité chez le bébé
Qu’est-ce que la spatialité ?
«Une fonction permettant à l’homme et donc au bébé de concevoir, d’appréhender et de se déployer dans l’espace, au départ de son corps.»
Albert Coeman – Développement de la spatialité chez l’enfant

La notion d’espace interne somatique
Passer de l’horizontalité à la verticalité implique :
– une modification de la logique de la pesanteur et du rapport à la gravité
– une modification de la captation des informations par les sens
– une modification de la logique visuelle
– une modification du sens des directions et des orientations
– une modification des référentiels spatiaux

Le développement physiologique
La nourriture
C’est autour de cet âge qu’on peut commencer à sevrer l’enfant. Certaines personnes conseillent d’attendre les 6 mois, mais observez votre enfant pour savoir quand il sera prêt.
Pour faciliter ce processus, Maria Montessori a quelques conseils :
– préparez une zone cohérente dans laquelle l’enfant va manger
– lors de l’introduction du premier repas, choisissez un moment de calme

Le sommeil
Respectez les habitudes de sommeil de l’enfant. Quand il est endormi ou fatigué, laissez le dormir de façon indépendante. Il est préférable que votre enfant prenne l’habitude de dormir indépendamment très tôt.

L’aménagement de l’espace
L’enfant va faire beaucoup d’essais-réussites et essais-erreurs. C’est pour cela que les structures et les familles ont fait le choix de lits à barreaux et de parcs, de chaises hautes et de tables à langer hautes. Tout est à la hauteur de l’adulte et non pas de l’enfant.

Les objets et les matières
Des petits paniers contiendront des petits objets en bois, de couleurs gaies, émettant des sons plaisants & au toucher agréable.
Permettre à l’enfant de jouer avec l’eau est vital. La période du bain quotidien peut répondre à ce besoin fondamental.

Les objets favorisant l’éveil
L’apprentissage de l’escalier est indispensable avant de se lancer dans la réalité du monde. Prévoyez donc une installation provisoire le temps que les connexions neuronales de ses mouvements de montée et descente se fassent efficacement.

Ayez toujours à l’esprit le développement de votre bébé. Durant sa croissance, sa tête représente un tiers, puis un quart et enfin un cinquième de son corps, et donc son point d’équilibre n’a rien à voir avec celui d’un adulte. Le bébé est très souple, capable d’effectuer des mouvements que nous ne pourrions faire, nous, adultes.

«Rien n’est dans l’intellect qui ne doit passer par le corps, car l’organe de l’intelligence est la main
Maria Montessori – L’esprit absorbant

Veillez à bien respecter la règle de la difficulté unique : un objet = une difficulté ; Il faut donc une boîte par sorte d’objet.

Le langage de 6 à 12 mois
Lorsque vous parlez à un enfant, vous n’avez pas besoin de parler d’une voix aiguë. Parlez-lui comme vous le feriez avec une autre personne, d’une manière claire et articulée. Les bébés apprennent la langue de la façon dont nous leur parlons.
Parlez-leur de choses qui sont autour de vous, décrivez ce qu’ils voient et ne prononcez pas seulement des instructions. Lors de la lecture d’un livre, pointez les objets du doigt et nommez-les. Ce sera leur enseigner que chaque chose a un nom, car ils apprennent par la répétition et la constance.
Et surtout, continuez à pratiquer la langue des signes française pour les bébés (LSFBB), car un bébé signeur peut le rester si, et seulement si, on continue à signer les mots en même temps qu’on les prononce. Il fera ensuite de même.

Entre 1 & 2 ans

Le développement physiologique
Les enfants, à la fin de cette étape de leur développement, sont plus mobiles et capables de marcher avec stabilité. Si on leur donne la liberté de se déplacer quand ils sont jeunes, leur développement moteur va être plus épanoui.
Entre 1 & 2 ans, les enfants vivent une période sensible pour le développement du travail de la main. Multipliez les expériences de préhension grâce à des matières et des outils différents. 
En une année, le bébé passe de la position horizontale couchée, dorsale et ventrale, à la position assise et enfin debout.
A son rythme, en dépit de tous les obstacles et grâce à toutes les stimulations extérieures, il passe d’être couchée à être debout. Un nouveau monde s’ouvre à lui, dans lequel il va se projeter.

Construire et jouer
Maria Montessori écrivait que les enfants ne s’amusaient pas avec les jouets dans les maisons d’enfants. Ce sujet est très sensible. En effet, dans une classe Montessorienne, on ne trouve pas de jouets. Dans notre culture très forte qui consiste à «offrir» des «jouets aux enfants», c’est difficile à accepter et à comprendre. Faisons la distinction entre plusieurs catégories de jouets. La plupart d’entre eux aujourd’hui sont peu intéressants pour l’enfant et il fera le tri par lui-même très vite.

La main
«La main est cet organe dont la structure fine et compliquée permet à l’intelligence de se manifester, à l’homme de prendre possession de l’ambiance, de la transformer et, guidé par l’intelligence, d’accomplir sa mission dans le cadre de l’univers.»
Maria Montessori – L’esprit absorbant

Est-ce important, dans notre vie, d’aider au développement de la concentration et de l’intelligence de notre enfant ? A 15 mois (à peu près), la main et le cerveau d’un enfant sont prêts à découvrir le monde. Dès que l’enfant sera debout et pourra s’avancer vers une nouvelle indépendance, le monde s’ouvrira à lui. Il va préparer ses mains à toucher, sentir, guider, découvrir, manipuler, porter, diriger, construire…

La main est un récepteur et un effecteur
Récepteur : capable de reconnaître le poids, la température, les dimensions…
Effecteur : capable de guider, caresser, exprimer (langage des signes)…

Le matériel d’éveil
A cet âge, les enfants seront capables de saisir les objets (et donc de développer leur coordination œil/main), puis ils progresseront fortement vers la marche.

La permanence de l’objet
C’est le fait que le bébé apprenne lentement qu’un objet ou une personne existe, même si il/elle n’est pas visible à ses yeux. Ainsi, nous avons tous joué avec nos enfants à «coucou» et à nous cacher derrière une couverture. Au début, si vous vous cachez, l’enfant ne bougera pas et se demandera où vous êtes. Par la suite, il vous aura vu vous cacher et il ira enlever la couverture, car il saura que vous êtes derrière. Il a donc compris que vous existez même si vous n’êtes pas dans son champ de vision. Enfin, il comprendra que les objets peuvent se déplacer et toujours exister. Il est donc important de stimuler la permanence de l’objet, qui se développe normalement jusqu’à l’âge de 18-24 mois. Le concept de la permanence de l’objet a été élaboré par Jean Piaget, psychologue, philosophe et biologiste du XXè siècle.

Les étapes du développement de la permanence de l’objet selon Piaget
0-1 mois : aucune réaction suite à la disparition de l’objet
2-4 mois : manifestation d’émotions (pleure, crie, tend les bras)
4-8 mois : début de l’action sur les objets et les personnes qui l’entourent (expérimentation active). Permanence de l’objet partielle, capacité à trouver un objet qui est partiellement caché.
8-12 mois : permanence de l’objet de plus en plus acquise. L’enfant sera capable de trouver un objet entièrement caché, mais il ne peut comprendre qu’un objet se déplace, même si on le déplace devant lui.
12-18 mois : permanence de l’objet avec déplacement visible
18-24 mois : acquisition définitive de la permanence de l’objet, compréhension des déplacements visibles et invisibles.

Qu’est-ce que la vie pratique dans la pédagogie Montessori ?
C’est un réconfort indispensable à l’enfant, c’est un moment de pause dans la journée, c’est un moyen de se ressourcer, c’est une parenthèse, c’est une activité déjà maîtrisée qui va reposer de celles, difficiles, que l’enfant vient d’accomplir. C’est prendre soin de soi et des autres, c’est se retrouver avec soi-même, c’est se faire confiance dans la maîtrise de l’environnement, c’est embellir le monde, c’est fortifier sa capacité à maîtriser ses mouvements, c’est séquencer une activité, c’est se construire intérieurement par l’ordre extérieur, c’est voir dans les yeux des adultes une petite lumière qui vient de soi…

«En voyant travailler ces petites mains sales, je me dis qu’il fallait apprendre à se laver les mains. Et ils se lavèrent les mains avec passion. Quand ils avaient obtenu des mains propres, ils continuaient à les laver. Ils sortaient de l’école pour aller se laver les mains… Ils étaient fiers de montrer à tout le monde leurs mains propres… L’exercice se répétait, sans plus avoir de buts extérieurs.»
Maria Montessori – La pédagogie scientifique

Qu’est-ce que l’indépendance ?
Dès sa naissance, le nouveau-né essaie d’être indépendant. Ce sont souvent les adultes qui bloquent le développement de l’enfant avec des limites ou des interventions inutiles.

L’autonomie de l’enfant
L’habillement
S’habiller est une grande partie de l’indépendance à acquérir. On peut accompagner les enfants en partie seulement. «Oh regarde, ton pentathlon est en bas !» On ne change pas les chaussures mises à l’envers, car c’est un succès de l’enfant auquel on ne doit pas toucher. Pour les chaussures, on peut accompagner le geste d’une petite chanson sur le thème.

La prise de nourriture
L’enfant apprend à se servir, à manger et à nettoyer son espace. «Je sais que tu peux utiliser une cuillère» «C’est ton choix de ne pas manger, mais tu dois rester assis avec nous»

La sieste
L’aider à installer son coin sieste, son ambiance, son espace de sommeil

Le soin de la personne
Comment apprendre à l’enfant à se moucher, se laver les mains, le visage, etc ?
Comment l’environnement peut-il aider et inspirer l’indépendance ? L’enfant nous envoie ce message : «Peux-tu m’aider à faire par moi-même ?» Un miroir dans les toilettes peut aider les enfants à voir leurs propres gestes. Préparer un environnement vecteur de croissance et de réussites pour l’enfant. Si vous avez acheté quelque chose précieux et que vous y tenez, ne le mettez pas à la portée des enfants. Il faut apprendre à travailler dans le lieu et avec le matériel qui s’y trouve.
Quel est le rôle de l’adulte face au développement de l’indépendance de l’enfant ? Surveillez bien vos gestes. Donnez le minimum d’aide aux enfants. «J’ai vu hier que tu mettais tes chaussures seul. Je sais que tu peux le faire.» Prenez leur la main et accompagnez le début du geste. Observez, car observer c’est savoir ce que l’enfant peut faire et ne peut pas faire. Chantez une petite chanson pour lui faire descendre sa couche, par exemple. .
Le rôle de l’adulte est de mettre en place un environnement sécurisé et sécurisant. S’il y a 20 enfants, il peut y avoir 20 activités simultanées. Les actions les plus dangereuses ou urgentes ont lieu lorsque les enfants courent, renversent de l’eau sur le sol, mordent, utilisent des outils tels que des ciseaux. Construisez des limites solides et claires, exprimées et comprises par les enfants. Proposez 2 choix à l’enfant et veillez à ce qu’il en exécute un. Si vous lui donnez le choix, respectez ensuite sa décision.
Au sujet de la propreté, si vous choisissez de mettre les enfants en sous-vêtements, sans couche, acceptez les conséquences. Et expliquez ce qui se passe aux enfants. «Ton corps te dit qu’il a besoin d’aller aux toilettes» Comportez vous comme le modèle devant l’enfant. Si vous ôtez vos chaussures, faites-le comme l’enfant le fera.
Quelles sont nos attentes face à l’indépendance des bébés ? Chaque expérience remplit l’enfant, fait de lui ce qu’il est. Mouvement, ordre et langage sont les 3 critères de base dans les activités des enfants. Si on dit «non», c’est sans doute que quelque chose est à changer dans l’environnement. L’enfant doit pouvoir explorer l’environnement, y développer des compétences.

Le quotidien et les routines
«Le secret du perfectionnement consiste dans la répétition, et par conséquent, dans la liaison des exercices avec les fonctions habituelles de la vie courante. Si l’enfant ne mettait pas la table pour une communauté de personnes qui prennent vraiment le repas, s’il n’avait pas à sa disposition de vraies brosses qui nettoient, de vrais tapis à nettoyer chaque fois qu’il s’en est servi ; s’il ne devait pas laver et essuyer vraiment les assiettes et verres, jamais cette habileté ne lui viendrait.»
Maria Montessori – L’enfant

Les émotions entre 1 & 2 ans
Le bébé chute pour la première fois. C’est beaucoup de peurs et d’émotions pour lui et les adultes qui assistent à cet événement. Heureusement, la plupart du temps, le choc n’est pas trop violent et on peut rapidement apaiser le bébé. Il faut entourer l’enfant de mots et de gestes apaisants. Puis, suivant le cas, agir.
Les enfants peuvent dire leur premier mot intentionnel à 12 mois. Nous devons encourager cette évolution et parler en permanence avec l’enfant.
Nous ne parlons pas seulement de ce que nous faisons, mais aussi des choses autour d’eux. Utilisez des livres, des chants, des comptines pour développer leur vocabulaire. Parlez-leur lentement et clairement afin de leur permettre d’entendre chaque son. Pour encourager le développement du langage, essayez de ne pas trop anticiper les besoins des enfants.
Comme l’enfant apprend qu’il y a un nom pour chaque objet, il peut commencer à pointer du doigt. Les sujets préférés des enfants de cet âge sont les animaux et leur cri, la nourriture, les parties du corps, les moyens de transport. Nommez les objets correctement et le plus précisément possible. Ce n’est pas seulement une fleur, mais une tulipe rouge. Le plus tôt vous exposez l’enfant à ce vocabulaire, le plus facile ce sera pour lui d’absorber un terme précis.

Signer avec bébé
Tout le monde peut signer avec un tout petit enfant, bien avant qu’il ne sache parler. En effet, des études montrent qu’un bébé est très réceptif aux gestes autant qu’à la parole et qu’il peut s’exprimer aisément par mouvements et gestes ; dès 12 mois, l’enfant peut se faire comprendre ainsi. La gestuelle, tout comme la parole, est plus présente qu’on ne le croit dans nos communications.
La langue des signes pour bébés n’interfère pas avec la parole, car on peut utiliser le geste et la parole en même temps, puisqu’ils ne passent pas par le même canal. La langue des signes passe par le canal visuo-gestuel, et la parole, par le canal audio-oral, ce qui, au niveau du cerveau, n’est pas la même chose.

Entre 2 & 3 ans

«Bien qu’il y eût à l’école des jouets vraiment splendides mis à leur disposition, les enfants ne s’en servaient jamais. Cela me surprit tellement que je voulus intervenir et me servir des jouets avec eux, leur apprenant à employer la petite vaisselle, allumant le feu dans la petite cuisine de poupée, y plaçant une belle poupée. Les enfants s’y intéressaient un instant, puis s’éloignaient et n’en faisaient jamais l’objet de leur choix.»
Maria Montessori – L’Enfant

Durant cette période, les enfants ont besoin d’une plus grande indépendance à mesure qu’ils grandissent. Organisez l’environnement de telle sorte que l’enfant y soit autonome. Cela lui donne alors un sentiment d’accomplissement et développe en lui une estime de soi élevée.

L’imitation
L’imitation évolue en fonction de l’âge de l’enfant. L’enfant imite de façon immédiate les actions, des plus simples aux plus complexes. Puis il est capable d’imiter des actions en différé, à partir de 2 ans. Mais attention : souvenez-vous que donner des âges, c’est un piège dans lequel nous sommes tous prisonniers à un moment ou un autre.

Les caprices
L’enfant a entre 2 & 3 ans. Fort de sa capacité à se déplacer où il le décide, et à exprimer plus ou moins précisément ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas, d’autre part, il cherche un équilibre vital dans son quotidien. L’enfant ne fait pas de caprices, comme l’explique bien Maria Montessori. Par conséquent, que pouvons-nous faire dans des situations très stressantes pour l’enfant et pour les êtres humains qui l’entourent ?

Expliquer
L’enfant est un être intelligent. Adressez-vous à lui comme tel. Adaptez seulement le vocabulaire et le ton, mais expliquez-lui ce qui se passe. Si vous avez appris le langage des signes avec votre enfant, ce sera une ressource de communication supplémentaire.


Anticiper et trouver des compromis
De toute façon, vous n’avez pas «raison» avec votre enfant, et le problème n’est pas là, en vérité. Vous ne le ferez pas changer d’attitude en le grondant, en le frappant, en le malmenant, en le mettant au coin, en le menaçant ou en le punissant. Si toutes ces méthodes avaient été efficaces, nous n’aurions plus de «soucis» avec l’éducation des enfants, n’est-ce pas ? Ce que nous pouvons faire, c’est anticiper les réactions de l’enfant. Et si nous connaissons l’enfant, l’observons et le respectons, c’est plus facile d’anticiper.

Indépendance et autonomie
Indépendant : état de quelqu’un qui n’est tributaire de personne sur les plans matériel, moral et intellectuel
Autonome : se dit de quelqu’un qui a une certaine indépendance, qui est capable d’agir sans avoir recours à autrui.
Être attentif à l’autonomie de l’enfant, c’est par exemple, choisir le mobilier adapté à sa taille. En mettant à sa disposition une chaise haute adaptée, nous lui envoyons un message : «Tu grandis chaque jour. Cette chaise est adaptée à ta tailler et à tes mouvements. Nous la changerons dès que tu auras grandi et qu’elle sera inadaptée.»
J’aime particulièrement le signe «aider» dans la langue des signes pour bébés : on prend son coude et on le soulève vers le haut.
Apprenons à l’enfant à demander de l’aide quand il en a besoin.

La concentration
La première règle est d’interrompre le moins possible l’action, la conversation, l’instant dans lequel est le bébé. On ne casse pas la concentration de l’enfant, sauf raisons très valables.

L’environnement
Le bébé ne peut pas ramper dans une direction, et vous avez de bonnes raisons de lui interdire. Afin d’éviter le «non», mettez une limite physique à l’espace et vous n’aurez pas besoin d’ajouter une limite verbale, qui peut être cause de frustration chez le bébé.

Votre attitude
Un bébé assis dans un bac à sable va prendre du sable, le lancer, le porter à sa bouche. Si cela vous dérange profondément au point de dire «non» ou «Attention» toutes les 5 minutes, attendez d’être prêt pour mettre le bébé dans le bac à sable.

Le pouvoir du «oui» et du «très bien»
La règle à respecter dans la pédagogie de Maria Montessori est simplement de dire «oui» à un enfant quand il a fini son travail.
Quand un enfant a fini un dessin, il faut lui sourire, dire «oui», lui demander «est-ce que tu es content de ton dessin ?» montrer notre intérêt sincère et encourager avec le langage du corps. La répétition du «très bien» et du «bravo» à tout instant est destructive et ne permet pas à l’enfant de tendre vers l’autosatisfaction, l’indépendance pourtant espérée.

Boire de l’eau
Nos enfants ont besoin de boire beaucoup d’eau. Ils ne sont pas conscients de la sensation de faim ni de soif et parfois peuvent passer une journée sans boire, en dehors des repas.
C’est pour cela que je propose de mettre à leur disposition, dans la maison et dans le jardin, un système d’accès autonome à l’eau et de leur apprendre à aller se servir par eux-mêmes un verre d’eau. Ils aimeront se servir et servir les autres autour d’eux.

L’aménagement de la maison
La chambre
Un matelas peut être mis sur le plancher en guise de lit afin d’éviter que l’enfant ne tombe, qu’il puisse se coucher et se lever en toute autonomie. Les jouets de la chambre sont rangés par type dans des paniers ou des bacs que l’enfant pourra manipuler seul. Permettez à votre enfant de choisir. Et, bien entendu, respectez ce choix.
Pour développer leur propre sens de l’ordre intérieur, les enfants ont besoin de voir et pouvoir ranger les objets de leur environnement. Apprenez à votre enfant à ranger quand il a fini d’utiliser un jeu ou une activité. Prévoyez un endroit à hauteur de votre enfant, où ranger ses vêtements. Cela lui permettra de choisir ce qu’il veut porter pour la journée, car il peut commencer à montrer ses préférences pour certains vêtements, certaines couleurs ou certains tissus.
Donnez à vos enfants des choix limités ; seulement 2 pantalons ou 2 robes, par exemple, de sorte qu’ils sauront s’habiller de façon appropriée pour la saison et ne seront pas débordés par le choix trop vaste de leur garde-robe.

La salle de bain
Prévoyez une routine du coucher afin d’inclure le temps du bain. C’est le moment où l’enfant peut s’asseoir sur le pot, se laver les mains et se brosser les dents. Il a accès au lavabo. S’il a besoin d’un tabouret, celui-ci doit être léger, afin qu’il puisse le déplacer à l’endroit où il en a besoin. Placez sa brosse à dents et son dentifrice de telle manière qu’il puisse y accéder lui-même. Préparez le tout sur un petit plateau. La brosse à dents, le dentifrice et le gobelet de gauche à droite : dans l’ordre d’utilisation.
L’enfant aura plaisir à se brosser les dents après chaque repas si vous le faîtes en même temps que lui !
Pour l’heure du bain, l’enfant apprendra à utiliser une petite bouteille de shampoing et du savon jour après jour. Les enfants aiment beaucoup expérimenter et jouer dans l’eau du bain. Prévoyez de nombreux jouets et ustensiles immersibles et renouvelez-les. Un petit porte serviette placé à sa hauteur aide l’enfant à prendre et à reposer la serviette de toilette. Quand chaque objet a sa place, l’enfant fabrique des repères.

Le salon
Si votre maison ne permet pas de créer un véritable environnement d’éveil pour votre enfant, vous pouvez utilisez une étagère sur laquelle vous installerez des plateaux d’activité que vous changerez régulièrement. Il faudra aussi une petite table et une chaise, ainsi que quelques tapis pour délimiter les zones d’activité.

La salle à manger
L’enfant mange désormais la même nourriture que la famille et en même temps qu’elle. Il peut aussi choisir de prendre certains repas ou snacks à sa propre table. Il est capable d’ouvrir un tiroir bas ou un placard dans la cuisine pour choisir et installer ses propres ustensiles. La vaisselle n’est pas en plastique, mais de préférence en verre ou en céramique, légère et cassable. Vous serez surpris par le soin et les précautions pris par l’enfant quand il devra transporter de vrais ustensiles fragiles.

L’aménagement extérieur
Pour bébés marcheurs
Parlons maintenant de la brouette. Elle va développer les grands muscles et l’équilibre du marcheur. Il faut se baisser, poser ses 2 mains à la bonne hauteur pour soulever en même temps l’objet. Prendre un temps d’équilibrage puis avancer. Il y a 2 exercices différents en fonction du remplissage de la brouette. Si la brouette est lourde, ce sera plus facile pour s’équilibrer. Si elle est vide, ce sera difficile.
Tout comme la brouette, le cheval à bascule va permettre à l’enfant de perfectionner son développement moteur, en étirant de grands muscles, en recherchant l’équilibre lors de la montée et de la descente du cheval. Du point de vue de la conscience du centre de gravité, ce petit cheval est peut-être nouveau pour l’enfant. En tout cas, il lui impose de se pencher de l’avant vers l’arrière, tout en maintenant son équilibre, grâce à ses mains et ses bras, pour ressentir le balancement.

Profitez un maximum de la nature
Vous pouvez prévoir des activités d’habitude intérieures et les installer à l’extérieur. Sortez les pots de peinture, la pâte à sel. Sortez les jeux, petits ou grands. N’ayez pas peur que bébé se salisse ou salisse le sol. Libérez les énergies et passez de bons moments créatifs.
Quelques idées basées sur le sensoriel :
– faire sentir les fleurs
– classer les fleurs par couleur
– classer les pétales par taille, idem pour les petits cailloux, que l’on classe par taille et par couleur
– réaliser un labyrinthe avec des cailloux
– souffler dans du savon mélangé à du sucre pour former des bulles multicolores
– démarrer un petit potager

L’éveil entre 2 & 3 ans
A cette étape de son développement, l’enfant prend conscience de son corps chaque jour un peu plus. Il doit apprendre à être autonome dans les gestes quotidiens qui consistent à s’habiller, se nourrir. Il rencontre de plus en plus de personnes, enfants et adultes, dans ses activités extérieures et il est amené à échanger avec elles ou à leur répondre. L’enfant apprend les coutumes de son pays, concernant l’accueil, la politesse, les règles d’usage en société.
L’énergie de l’enfant est débordante, et il a besoin de se sentir à l’aise dans l’environnement. Son corps n’est pas conçu pour rester assis plus de quelques minutes.

La vie pratique
Maria Montessori avait observé que les enfants voulaient participer à l’entretien de leur propre environnement. Elle a donc développé des activités dites de vie pratique.
Ce peut être des activités que les adultes pratiquent chaque jour – comme le balayage, le nettoyage et l’époussetage, mais aussi le lavage de la vaisselle ou des vêtements. Les enfants voient les adultes et veulent les imiter.
C’est une véritable éducation à la vie. Une éducation que l’on peut encore, à l’aube de ce XXIè, qualifier de «nouvelle éducation». Les exercices de vie pratique ont un effet profond sur l’enfant ; ils lui ouvrent la porte vers des conquêtes supérieures.
On distingue 4 groupes d’exercice de vie pratique :
– soin de sa personne
– éveil social et politesse
– soin de l’environnement
– exercices de développement

Dans ces exercices, l’enfant utilise les muscles de son corps ; il apprend la coordination, la patience, l’observation, le silence, l’exercice et l’équilibre.
Ces exercice ont un réel impact sur l’enfant, mais l’adulte ne peut plus les ressentir, car il a organisé et dépassé ces stades. Les exercices de vie pratique aident à :
– la dextérité
– le développement des muscles
– la précision des gestes avec la main
– la coordination entre le regard et le mouvement
– la concentration
– l’image et l’estime de soi
– la joie de progresser
– la stimulation pour aller de l’avant
– l’autodiscipline
– l’indépendanceµ
– le besoin spirituel

L’enfant aime beaucoup les exercices de vie pratique. Il commence souvent sa journée par éplucher une clémentine, par exemple. Dès qu’il se sent fatigué ou mal à l’aise, il retourne vers ce genre d’exercice afin de retrouver un équilibre intérieur.
Les exercices de vie pratique se font dans la volonté d’agir. Ils concrétisent l’esprit absorbant et créateur de l’enfant. Ce dernier affine ses mouvements, et par conséquent son intelligence. Tout le corps est actif, pas seulement la main. En le répétant, l’enfant perfectionne son geste et finit par le maîtriser définitivement. L’enfant aime apprendre de nouveaux gestes, de nouvelles compétences dans sa vie quotidienne. Il suffit de veiller à ce que l’environnement réponde à ses besoins, à sa taille. Il faut aussi prendre garde à ce que l’enfant ne se retrouve pas en situation d’échec face à un exercice inadapté ou que sa sécurité soit mise en danger.

Le développement moteur
Le Dr Maria Montessori a beaucoup écrit sur l’importance du mouvement dans la pédagogie. En tant que médecin, elle a étudié de près les aspects physiques et physiologiques du développement. Elle explique que l’homme est une unité dans laquelle l’esprit et le corps fonctionnent de concert. Un développement normal amènera bébé à marcher – Maria Montessori propose d’ailleurs d’emmener l’enfant dans de longues marches dès que possible, afin qu’il perfectionne ses acquis. En revanche, certaines compétences évolueront différemment d’un individu à l’autre, selon les opportunités, l’environnement, l’esprit dans lequel l’enfant sera éduqué.
Tous les exercices que l’enfant pourra pratiquer avec ses mains aideront au développement global et équilibré de sa personne. Son intelligence sera d’autant plus développée qu’il aura pu la nourrir grâce à ses mouvements.
Pour conclure sur l’importance des expériences dites de vie pratique vécue par le petit enfant de moins de 3 ans, nous rappelons qu’elles permettent à l’enfant d’accéder à l’indépendance.

La vie sensorielle entre 2 & 3 ans
Jean Itard et Édouard Seguin ont eu une influence considérable sur le développement de la méthode de Maria Montessori. Jean Itard, né en 1775, était un médecin français. Il choisit d’étudier particulièrement la surdité et travailla avec des enfants et des adultes pour les rééduquer. Il fut médecin à l’institut parisien des sourds. On lui confia l’éducation de Victor, un enfant sauvage trouvé dans la forêt de l’Aveyron.
Itard a influencé Maria Montessori dans ses choix et orientations. Comme lui, elle observe l’enfant et lui propose de développer son intelligence par ses sens.
Édouard Seguin était un élève de Jean Itard. C’était aussi un scientifique et il consacra son travail aux enfants dits «idiots» à l’époque. Comme Maria Montessori, Édouard Seguin créa une méthode d’éducation pour les enfants.
Maria Montessori s’est inspirée de ces travaux et applications. Elle met en exergue 6 sens chez l’être humain (dans l’ordre d’apparition du fœtus) :
– le toucher
– l’odoratµ
– le goût
– l’ouïe
– la vue
– le sens stéréognostique (reconnaître les volumes par le toucher)

Développer les sens de l’enfant, c’est lui permettre :
– de gagner en estime et confiance en soi
– de découvrir l’environnement par lui-même
– d’acquérir un vocabulaire précis
– d’enrichir ses perceptions
– d’ordonner ses notions sensorielles concrètes
– d’expérimenter la concentration dans l’apprentissage

Le toucher
«Comme le développement de l’enfant part du sensoriel, de l’émotionnel et du perceptif vers une organisation de la pensée, nous pouvons, sans beaucoup de risque, prétendre que comme pour le développement moteur, le développement de l’espace se fait par l’expérience et le toucher
Albert Coeman – Développement de la spatialité chez le jeune enfant.
L’utilisation du matériel adapté au développement de ce sens permet à l’enfant de le préparer à reconnaître des formes en 3D. L’adulte l’aide à mettre des mots sur ses sensations et à faire la liaison intellectuelle entre le ressenti et le vocabulaire utilisé.
Les 3 éléments naturels que je préconise durant mes formations pour aider au développement des sens et de la main sont :
– l’eau
– la terre ou pâte à sel très souple et douce
– le sable ou la semoule
– un plateau à semoule fin pour que l’enfant laisse ses première traces

Ces activités doivent être libres d’accès et d’exploration à l’enfant. Rien de plus. Elles font émerger de l’enfant la concentration et la joie.

Les classements et tris
A travers ce type d’exercices, Maria Montessori développe le concept de l’auto-éducation : le matériel est conçu pour permettre à l’enfant d’apprendre seul, d’expérimenter la démarche essai/erreur, essai/réussite par lui-même et finalement de raisonner et de décider.

Les sens de l’odorat et du goût
L’enfant apprend à distinguer les nuances entre le salé, le sucré, l’amer et l’acide. Vous pouvez créer des échantillons et préparer des plateaux avec de substances à goûter et à mettre par paires.

L’ouïe
Il s’agit de proposer à l’enfant des exercices pour développer l’utilisation de son oreille et l’aider à distinguer les caractéristiques d’un son (timbre, hauteur, direction, etc.)

La vue
Maria Montessori a prévu des exercices pour développer l’acuité et la discrimination visuelle de l’enfant. Par exemple, les tablettes de couleurs permettent à l’enfant de voir les nuances et de les classer de la plus claires à la plus foncée.

L’enfant apprend le nom des nuances de l’environnement tels que :
– les couleurs
– les formes
– les dimensions

Le sens stéréognostique
Comment définir ce sens ? Le sens stéréognostique est l’impression des formes par la seule palpation : il s’agit de reconnaître un objet rien qu’en touchant ses contours et en le palpant. Ce sens va plus loin que le toucher qui ne permet que de percevoir la qualité superficielle de ce que l’on touche.

Comme nous le savons désormais, le Dr Maria Montessori a commencé son travail de médecin dans les hôpitaux psychiatriques pour enfants. Elle accueillait des enfants qui étaient jusque-là simplement enfermés dans un espace sans aucune occupation. Une fois ces enfants arrivés dans son service hospitalier, elle se mit ardemment au travail afin de leur fournir un minimum d’éducation.
Ses actions furent rapidement couronnées de succès, puisque ces enfants se mirent à observer, toucher, explorer et finirent pour certains par lire, écrire ou compter.

Les caractéristiques du développement du langage chez l’enfant
0-8 semaines : le bébé observe la bouche de l’adulte et produit des bruits
8-20 semaines : le bébé tourne la tête dans la direction du bruit
5-8 mois : le bébé utilise des sons pour communiquer avec son entourage
8-12 mois : le bébé vocalise, répète des syllabes, comprend le sens du langage
12 mois : le bébé utilise des mots intentionnellement
12-18 mois : le bébé utilise des mots simples pour des phrases convaincantes
18-24 mois : le bébé aime les chansons et rimes, pose des questions
2-3 ans : l’enfant aime qu’on lui lise des histoires. Son vocabulaire est de plus en plus riche, les phrases sont plus complexes.
3-4 ans : l’enfant utilise le langage pour convaincre et parler de choses plus abstraites
4-5 ans : l’enfant pratique des activité avec des adultes et enfants d’âges différents. Le langage écrit commence à se mettre en place.
5-6 ans : l’enfant se repère dans le temps grâce au langage parlé et écrit. Les structures grammaticales sont complètes. L’enfant absorbe l’imaginaire dans les histoires.
Traduction libre du tableau du livre de Lynne Lawrence – Montessori Read and Write

Maria Montessori propose une approche multisensorielle de la préparation à la lecture : voir les lettres, entendre les sons et toucher la forme des lettres. C’est cette dernière action qui est nouvelle dans l’accès précoce à la lecture.

La leçon en 3 temps
Maria Montessori propose une méthode pour enseigner le vocabulaire aux enfants qu’elle appelle la leçon en 3 temps :
– Le premier temps → introduit l’objet et son nom. Montrer l’objet à l’enfant et dire «Il s’agit d’un (nom de l’objet).» Ensuite, le poser sur le tapis ou le donne à l’enfant, puis répéter le nom de l’objet. Répéter le processus avec les autres objets en permettant à l’enfant de toucher l’objet afin qu’il le mémorise mieux.
– Le deuxième temps → permet de demander à l’enfant de pointer l’objet que vous avez nommé «Montre moi le (nom de l’objet)» Puis vous déplacez l’objet à un autre endroit afin de vérifier que l’enfant se souvient du nom et non pas de la place de l’objet. Cette période rend la leçon plus vivante et intéressante pour l’enfant qui est davantage acteur. Cette étape peut être prolongée pour les enfants de moins de 3 ans : vous leur demandez de placer l’objet que vous avez nommé (une autre façon de savoir s’ils connaissent le nom de l’objet) dans une région différente du tapis ou de vous le donner. Vous pouvez incorporer des mots de vocabulaire pour exprimer la place tels que «devant», «en face», «derrière», «à l’arrière», etc.
– Le troisième temps → permet à l’enfant de nommer l’objet que vous pointez. Cela se fait principalement avec les enfants de plus de 3 ans, qui peuvent couramment parler. Vous pourrez également observer que leur langage évolue. C’est le moment de parler des sentiments et d’évoquer, grâce aux signes, images de livres, ce qu’ils ressentent.

Les jeux de langage
Comment favoriser chez l’enfant le développement de cet outil de communication ?
– par des exercices et jeux de langage variés, auxquels l’enfant participe avec plaisir
– en utilisant nous-mêmes un langage clair, précis, riche et correct dans notre communication verbale et écrite avec les enfants
– grâce à des activités s’appuyant sur l’écoute de l’enfant

La période sensible au langage, décrite par Maria Montessori, s’étend jusqu’à l’âge de 6 ans. Durant cette période , l’environnement est adapté au mieux, afin de favoriser l’acquisition du vocabulaire et la construction des phrases.

Le langage des signes pour bébés
C’est un aspect récent dans le monde des bébés, car auparavant on ne savait pas que le bébé comprenait toutes les paroles sans pouvoir les reproduire. En effet, son système d’expression de la parole n’est pas encore mature. Or, si on apprend aux enfants les noms des objets et les concepts par la voix et le geste, ils sont capables de signer ces mots.

L’apprentissage du geste de l’écriture
En manipulant le matériel de vie pratique et le matériel sensoriel, l’enfant a développé ses gestes, et plus particulièrement la pince (pouce & index). Il a aussi perfectionné ses mouvements dans l’espace, appris à marcher avec précaution et à se concentrer dans le silence.
Dans de nombreux exercices, les gestes se sont enchaînés de la gauche vers la droite et du haut vers le bas, sens de l’écriture de notre culture. Il est maintenant prêt pour les premiers exercices d’écriture, car il sait tenir et manier un crayon.

Lire des livres
L’enfant continue à aimer les livres. Seul ou avec une autre personne. Choisissez des livres adaptés à sa capacité d’écoute et de concentration, mais également des ouvrages qui soient pertinents pour sa vie quotidienne. Comme toujours, choisir des livres qui soient réalistes et simples à décoder.
Maria Montessori écrivait que le fantastique et l’imaginaire ne doivent être introduits qu’après les 6 ans de l’enfant. Voici un point qui peut déstabiliser et heurter les habitudes culturelles françaises actuelles. L’imagination est essentielle et le point de départ de toute abstraction. Les enfants entre 0 & 3 ans sont en pleine construction et découverte du monde qui les entoure. Ils prennent des repères dans l’environnement qu’on leur propose, des repères qui sont les fondations de leur intelligence et de leur personnalité. On pense alors que ne pas leur donner d’imaginaire et de fantastique va tuer leur créativité et leur propre imaginaire. Mais c’est l’inverse : cela leur permet de développer leur propre imaginaire et leur apporte de vraies fondations, sans les placer dans une sorte de confusion entre fiction et réalité. Rappelons qu’ils n’ont pas encore les clés du fonctionnement de la réalité.
Maria Montessori pensait dont qu’il fallait, pour cette tranche d’âge, apporter aux enfants tout ce qui leur donnait des informations sur la réalité, leur permettrait de comprendre comment fonctionne le monde qui les entoure. C’est ainsi qu’ils peuvent s’émerveiller, mais aussi trouver un réconfort, une sécurité par rapport à ce qu’ils vivent réellement. Leur confier des livres réalistes, c’est leur apporter des bases saines et solides, sur lesquelles ils pourront s’appuyer pour inventer, imaginer et découvrir.
Après 6 ans, c’est totalement différent, car ils deviennent capables de faire la différence entre fiction et réalité. Ils sont alors à la recherche d’un imaginaire extérieur qui va enrichir le leur. En attendant, offrons-leur le monde réel ! Et laissons-leur créer leur propre imaginaire…

Silence & musique
A petites doses, dans une ambiance sereine, vous pouvez diffusez un extrait de grande composition symphonique au bébé. Évitez surtout les chaînes de télévision ou de radio polluantes dans l’environnement du bébé. Les bébés ont besoin de silence.

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