Conférence de Catherine Dolto « La construction de la sécurité affective chez l’enfant» – 2018

Catherine Dolto est pédiatre, haptothérapeute, et auteure de livres pour enfants.

Catherine Dolto LouisePayet.com

La construction de la vie affective chez l’enfant.

La vie est une trajectoire. Ce qui se passe dans les premières années de vie de l’enfant fait écho tout au long de sa trajectoire. Rappelons-nous que les enfants sont l’avenir de la société.

Les découvertes sur la plasticité cérébrale.

Effectuées depuis une soixantaine d’années, elles ont montré que les circuits neuronaux évoluent en fonction de ce que l’on vit.
Selon ce qu’il se passe dans la vie intra-utérine, à la naissance, pendant l’enfance, etc., le jeu de cartes évolue constamment. Cela nous donne, en tant qu’adultes, beaucoup de responsabilités. Pendant des siècles, on a été maltraitants avec les enfants. Maintenant, on sait. Il est donc temps de permettre au petit humain de déployer toutes ses qualités, toutes ses potentialités. La vie est une succession de passage de seuils et c’est à nous de préparer l’enfant.

« S’il est vrai qu’en chaque mot un mot tremble de naître, écoute, regarde le mot seul se débattre dans le mot seuil. » Edmond Jabès

L’haptonomie, science de l’affectivité

Créée par le thérapeute Frans Veldman, l’haptonomie est une grille de lecture, une pratique de la rencontre. C’est un art de fonder de la sécurité affective et de la réparer  quand il n’y en a pas eu.

Comment favoriser la sécurité affective ?

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  • Favoriser la continuité : à la naissance, l’enfant se retrouve handicapé moteur, dépendant et se confronte à des chocs sensoriels. Il a besoin de rester avec sa mère pendant, au moins, les 14 premiers jours. Il est très important de le séparer le moins possible de sa mère. D’ailleurs, la meilleure couveuse du monde, c’est sa mère. Ce qui peut être rassurant pour lui, c’est de retrouver des repères d’avant (voix des parents, musiques, etc.).
  • Ne pas laisser un bébé pleurer : on peut lui dire « Tu crois que tu ne vas pas le supporter mais tu vas le supporter. » Un enfant qui pleure par désespoir sécrète du cortisol. Cette molécule abîme la zone de la mémoire dans son cerveau. Un bébé qui a beaucoup pleuré de désespoir est plus sensible au stress. Consoler un bébé, c’est protéger son cerveau.
  • Fêter l’arriversaire : l’enfant a 9 mois, il a passé autant de temps dehors que dedans. Cela se fête! C’est le moment idéal pour reparler de la naissance, de ce qui s’est passé, de comment l’ont vécue les parents, etc.
  • Instaurer des règles et des limites : le prix que nous payons pour pour vivre ensemble est de ne pas faire ce que l’on veut quand on le veut, et c’est ok. Profitons-en pour apprendre à l’enfant la hiérarchisation des malheurs.
  • Accompagner les séparations : d’abord la crèche, puis la maternelle, et le CP, entre temps a eu lieu le sevrage, la reprise du travail, etc. On sous-estime le niveau d’adaptabilité des enfants. Dans ces moments, il est important d’échanger avec l’enfant en lui disant, par exemple, si on est content ou non de reprendre le travail, si c’est dur de le laisser le matin, etc. Tout ce qui est dit passe mieux.
    Pour favoriser la sécurité dans le changement, par exemple avec une nounou, les parents peuvent donner le biberon et changer l’enfant devant elle. Ils peuvent dire à l’enfant « Maintenant, c’est elle qui va s’occuper de toi quand nous serons au travail. » et ensuite la nounou peut aussi donner le biberon et changer l’enfant devant les parents.
  • Soutenir l’enfant qui a des parents défaillants : aider l’enfant à faire avec ses parents, même si on les estime défaillants. Il n’y a rien de pire pour un enfant que de sentir que ses parents ne sont pas respectés. Il est très important d’éviter de juger les parents car on prend le risque de projeter. Il faut avoir de l’hygiène des paroles.
  • Comprendre les orages pulsionnels : débordé, le cerveau de l’enfant n’est pas capable de comprendre, de prendre du recul. Le cerveau de l’enfant ne lui permet pas d’être raisonnable.

Conclusion

Pour grandir, pour penser, il faut du temps et de la présence. Investir de l’argent et du temps pour former les professionnels de l’enfance afin qu’ils offrent une présence de qualité aux enfants est un acte politique de haute volée.

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Livres abordés

Haptonomie, science de l’affectivité – Frans Veldman
Aïe aïe aïe mes aïeux –
Anne Ancelin

Bibliographie

Catherine Dolto est spécialisée dans les ouvrages pour enfants. En voici quelques-uns :

Livres enfance Catherine Dolto

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