Éducateurs sans frontières – Renilde Montessori

EDITEUR : DESCLÉE DE BROUWER
DATE DE PUBLICATION : 2000

COLLECTION : SCIENCES HUMAINES
AUTEUR : RENILDE MONTESSORI

éducateurs sans frontières renilde montessori louisepayet.com

Renilde Montessori (1929-2012)

Renilde Montessori LouisePayet.com

 

Petite fille de Maria Montessori, elle est à l’origine de la branche nord-américaine de l’Association Montessori International.

 

 

 

 

Prologue
Et c’est dans ce monde déséquilibré, si lourd de contradictions, que nos enfants sont appelés à vivre. Des milliers, des centaines de milliers, des millions d’enfants, chaque jour. Des enfants sains, doués d’une fantastique potentialité d’amélioration du genre humain tout entier, dont tant se voient physiquement, affectivement, mentalement ou spirituellement, à un degré ou à un autre, abandonnés, maltraités, brutalisés, voire violés !
Conscients de cela, les hauts responsables de la communauté mondiale ont proclamé leur volonté de faire de leur mieux pour améliorer le sort des enfants.
A l’assemblée générale des Nations unies du 20 novembre 1989, ils ont adopté la Convention sur les droits de l’enfant.

Selon ce texte, le mot « enfant » :
désigne tout être humain de moins de 18 ans, à moins qu’une loi en vigueur ne prévoie que la majorité est atteinte plus tôt. 
Une si longue période laisse perplexe, étant donnée l’extraordinaire diversité des phénomènes qui se produisent au cours des différentes étapes du développement, entre la naissance et l’arrivée à l’page adulte. A chacune de ces étapes, l’enfant a besoin de soins, d’un comportement de ses éducateurs et d’un environnement éducatif spécifique. Bref, la diversité des besoins éducatifs de l’enfant au cours de chacune de ces périodes fait que ces 18 ans sont bien longs, pour être considérés comme une seule et unique période.

En lisant l’article 3, la perplexité s’atténue un peu, mais les motifs d’inquiétude demeurent. On nous dit ici :
Toutes les actions dont l’enfant est l’objet doivent prendre à cœur son intérêt et l’Etat assurera les soins nécessaires lorsqu’ils ne sont pas donnés par les parents ou ceux qui ont la charge de l’enfant.

Il y a tant d’enfant qui ont un besoin urgent et immédiat de protection, pour tant de raisons diverses, tant d’enfants de tous âges et de toutes sorte, tout-petits, enfants, adolescents, jeunes adultes, chacun unique et non reproductible, chacun méritant d’être traité comme une personne, chacun ayant droit au respect, aux soins et à l’éducation, chacun ayant un droit indéniable à la joie d’être chéri par son entourage.

L’enfant et les vaches vertes
L’éducation est un processus réciproque qui dure la vie entière et dans lequel chaque membre de l’humanité est engagé. L’homme est un animal social, affirmaient déjà les philosophes grecs, et nous apprenons tous, les uns des autres. Chaque parent, chaque enseignant le sait bien – même si tous les parents et tous les maîtres ne sont pas prêts à l’admettre : nous apprenons de nos enfants, de nos élèves autant, si ce n’est plus, qu’ils apprennent de nous.
Nous apprenons des autres, de nos expériences, des circonstances, volontairement ou par hasard. Apprendre ne constitue pas seulement le commandement fondamental de l’humanité, c’est aussi l’une des plus grandes passions de l’être humain. Échanger, communiquer et recevoir des connaissances, à tous les niveaux de notre condition humaine, constitue l’âme même de l’évolution.

La question n’est pas tant de leur transmettre un bagage que de leur faciliter la tâche le plus possible au lieu de placer des obstacles insurmontables sur le chemin de leur développement.

Le fondement de tout savoir, de toute science est l’observation. Les enfants, quant à eux, sont des observateurs remarquablement efficaces. Au cours de la première étape de la vie, de la naissance à approximativement 3 ans, l’observation est un phénomène vital inconscient : elle guide les mouvements et les systèmes perceptifs d’adaptation qui leur permet de devenir progressivement des hommes ou de femmes de leur temps, de leur pays et de leur culture.

Il ne m’a pas donné de nom
L’article 7 de la Convention sur les droits de l’enfant comporte une proposition qui intrigue : dès sa naissance, l’enfant à droit à un nom.
L’acte de donner un nom est un acte de reconnaissance, d’acceptation, de confirmation de l’existence d’une personne, comme de toute autre réalité : organisation, sentiment, espace, etc.

Notre nom est le premier vêtement qui couvre notre nudité ; il abolit l’indignité de l’anonymat. Outre qu’il y donne une identité personnelle et familiale, il porte la marque de notre culture et de notre histoire. Sans nom, notre essence même serait muette.

Innombrables sont les cas des parents qui nourrissent à l’endroit de leurs enfants des attentes irréalistes et qui, jour après jour, détruisent ces merveilleux petits êtres auxquels ils ont donné la vie, une vie qu’aucun d’entre eux n’a jamais demandée, une vie qu’ils doivent supporter avec des handicaps créés par ceux-là mêmes qui la leur ont donnée.
Des milliers de thérapeutes traitent ces être blessés, s’efforçant d’apaiser leurs souffrances et de leur permettre de régler les conflits intérieurs résultant des atteintes qu’ils ont subis précocement. Ces spécialistes excellent dans la recherche des causes et administrent des traitements plus ou moins durables. Mais puisque nous sommes si conscients des effets et que nous déployons tant d‘efforts pour y remédier, ne serait-il pas plus sensé de prévenir les causes ? Serions-nous possédés par quelque obscur démon qui nous pousserait à commettre de terribles erreurs avec nos enfants pour mieux inventer des solutions ?

Avoir des enfants doit devenir une décision délibérée, fondée sur une claire conscience des exigences que cela comporte et notamment du contexte physique, intellectuel et spirituel dont ces enfants auront besoin pour épanouir leurs potentialités humaines. Bref, cela demande une acceptation à priori de l’enfant engendré et des responsabilités inhérentes à sa conception, à sa mise au monde et à son éducation.

Une chose, en tout cas, est absolument certaine : si nous tendons la main à un enfant abandonné, si nous le voyons dans toute sa dignité, si nous l’acceptions dans toute son humanité et si nous lui demandons : « Comment t’appelles-tu ? », son ange en lui sera fortifié et rayonnera pour toujours.

La couleur d’un galet
Selon l’article 12 de la Convention sur les droits de l’enfant,
les Etats signataires s’assurent que l’enfant capable d’avoir sa propre opinion a le droit de l’exprimer librement dans tous les domaines qui le touchent, l’importance devant être attachée au point de vue de l’enfant étant fonction de son âge et de sa maturité.

Entre la naissance et 6 ans, l’enfant se trouve engagé de façon vitale dans le processus de construction de sa personnalité et de son intelligence, qui lui permettront de devenir l’être pensant et raisonnable ayant sa propre opinion. Lorsque l’enfant a franchi cette étape, ses éducateurs devraient certainement lui accorder le droit d’exprimer librement ses opinions et devraient prendre celles-ci en compte dans les limites définies par le bon sens, dans un dialogue mutuellement profitable.

De la naissance à environ 2 ans ½ , l’enfant absorbe, sans effort apparent, tout ce qui se présente dans son entourage immédiat. Il stocke tout cela dans dans sa mémoire inconsciente. C’est la matière première avec laquelle il construit les fondations de son être. A environ 2 ans ½ , il a achevé son travail de fondation et, à partir de ce moment-là, il ne cessera, sa vie durant, d’explorer le monde de ses premières expériences comme un territoire inconnu.

Les opinions des préadolescents, entre 12 & 15 ans, doivent être écoutées avec le cœur, peut-être plus qu’avec la tête. C’est un moment de fragilité où le jeune engage une métamorphose qui l’amènera à l’âge adulte. Son corps s’anime d’une vie propre, provoquant chez lui un inconfort physique, des turbulences mentales et une inquiétude spirituelle. C’est un moment où les adultes doivent offrir au jeune une protection pleine de déférence, sans chercher à s’immiscer dans son intimité, en s’assurant qu’il sait qu’ils sont là et qu’ils ne l’abandonnent pas. Tenter de savoir ce que pense le jeune à ce moment de son existence ou d’obtenir son opinion peut parfois être une intrusion.
L’un des droits de l’enfant est qu’ils doivent être toujours protégés, mais particulièrement cet âge très vulnérable, est énoncé dans l’article 16 de la Convention :
Aucun enfant ne sera soumis à une immixtion arbitraire ou illégale dans sa vie privée, sa famille, sa maison, sa correspondance, ni à des atteintes illicites à son honneur ou à sa réputation.

A tout âge, la liberté des enfants doit être protégée non seulement de toute intrusion dans leur intimité mais encore de tout asservissement affectif.

Dire la vérité tout simplement
Assurément, en tant qu’éducateurs, il nous incombe de dire la vérité – vérité des faits, vérité scientifique, vérité morale – telle que nous la connaissons, telle que nous la percevons. Les enfants reconnaissent et respectent nos bonnes intentions, mais ils savent la fragilité d’absolus démesurés, malhonnêtement présentés comme vérités indiscutables, et si, lorsqu’ils sont jeunes, ils sont prêts à excuser de façon compatissante ce tour de passe-passe, celui-ci provoque chez eux un mélange de stupéfaction et d’indignation lorsqu’ils ont grandi.

Refuser une vérité demandée cause des dommages insidieux et peut-être plus durables. Avec les enfants, c’est un devoir sacré de dire la vérité simplement, en répondant aux questions posées, ni plus ni moins, sans ajouter d’explications non demandées, sans justifications – clairement, précisément et tranquillement.

Le trésor de la pie
Pour peu qu’on les laisse faire, les enfants travaillent très dur non seulement pour acquérir la maîtrise d’eux-mêmes, mais encore pour atteindre la perfection dans ce qu’ils font. La constance de leur activité est prodigieuse et l’énergie qu’ils déploient immense, pourtant ils ne paraissent pas faire d’effort et ne se lassent pas parce qu’ils obéissent à un instinct vital.

L’homme est créatif comme il est intelligent, par essence. Sa créativité se manifeste en une extraordinaire diversité d’expressions. Elle est permise par un cerveau doté d’aptitudes spécifiques, une intelligence hautement adaptative et un corps capable d’atteindre la perfection dans d’innombrables domaines d’activité.

Pour apprendre, l’enfant observe, non de façon périphérique, mais avec tout son être. Sur le visage d’un enfant captivé par ce qui a suscité son intérêt, on peut voir une expression de concentration, de totale absorption. C’est l’aspect visible d’un processus d’intériorisation qui est universel.

Tout ce qui est appris avec une implication totale du corps, de l’intelligence et de l’esprit s’intègre au plus profond de nous, devient une invitation à aller plus loin dans la prise de conscience, la connaissance, l’expérience et la compréhension et est la source d’une allégresse existentielle incomparable.

Comment dire non
Il y a bien des façons de dire non. Il y a, entre autres, le non accompagné de cris et d’une claque, le « C’est non, parce que j’ai dit non ! » et le « Je déteste dire non, mais vous comprenez… ». Ces trois façons de refuser sont dépourvues des éléments constitutifs de la relation éducative : le respect, sans lequel il n’y a pas de dignité ; la fermeté, qui donne la sécurité ; l’humour, sans lequel il n’y a pas de vraie tendresse.

L’enfant est l’être le plus digne qui soit et c’est l’un des premiers devoirs de ses éducateurs que de protéger sa dignité, jusqu’au moment où il sera capable de la défendre lui-même.

« Selon vous, doit on prendre un bébé qui pleure ? » a-t-on un jour demandé à un expert invité. Il répondit : « Bien sûr et même immédiatement. Il faut le changer s’il est sale, le nourrir s’il a faim, le câliner, lui parler et le promener s’il a besoin de compagnie et, en plus, le réconforter avec tout l’amour du monde, car des tout-petits n’ont pas la notion de l’heure. La tristesse d’un bébé est éternelle et elle imprime une marque de désolation, qui affaiblit la personnalité. »

Trois catégories de personnes ont droit à une protection particulière de leur dignité : les très jeunes enfants, les personnes très âgées et les adolescents. Cette protection est le devoir sacré, pour les premiers, de leurs parents, pour les seconds, de leurs enfants, et, pour les troisièmes, qui sont les moins respectés des trois, de tous ceux qui les ont en charge : parents, enseignants et éducateurs au sens large.

Dans les tout premiers jours, les toutes premières semaines, les tout premiers mois de la vie, un environnement instable peut causer des dommages considérables à l’équilibre intérieur de l’enfant.

Ne pas oser dire non à nos enfants, à quelque stade de leur développement qu’ils soient, c’est leur manquer de respect et prendre un risque. Nos refus toutefois devraient être rares, occasionnels, tel un signal apparaissant lorsque leurs pas aventureux les emmènent dans un territoire où ils peuvent se perdre dans les brouillards attirants de l’inconnu.

S’il y a des pauvres
Il nous faut retrouver en nous les anciennes richesses de l’existence et, pour cela, nous dépendons des enfants. Mais nous pouvons compter sur eux. Leur charité est bienveillante, leur générosité inépuisable, et ils n’opposent pas le don et l’accueil : ils sont reconnaissants aussi bien envers ceux qui acceptent leurs dons qu’envers ceux qui les comblent.

Le talisman
Au Portugal, il existe un talisman « pour nous protéger de ceux qui voudraient nous tuer avec leurs peurs ». Tous les enfants devraient le recevoir à la naissance, pour ne pas être hantés, pervertis, handicapés par les peurs, les préjugés et les haines de leurs éducateurs, car les sentiments négatifs de ce type s’intègrent à leur être.

La peur irrationnelle, précisément parce qu’elle est irrationnelle, peut être maîtrisée si l’on recourt à la raison. Lorsque nos enfants sont concernés, nous devons contenir nos peurs, les regarder en face, les trier, les classer et les utiliser comme le guide qu’elles doivent être et non les laisser se ruer sur nous et nous submerger.

Il faut que l’éducateur fasse tout son possible pour éviter aux enfants dont il a la charge la peur et la culpabilisation et pour libérer ceux qui sont piégés par ce type de sentiments obsessionnels, débilitants et humiliants.
Sans doute faut-il envisager un lourd investissement en talismans !…

La facilité est le mal
Un étrange mystère entoure notre espèce. Alors que nous avons toutes les raisons de mener une forme de vie joyeuse pendant une grande partie de notre existence, individuelle comme collective, nous sommes souvent intensément malheureux. Au point que nous avons fait de la souffrance une vertu, une preuve de force d’âme.

Il y a quelques dizaines d’années, on a commencé à redécouvrir l’accouchement comme le processus naturel qu’il est en le dépouillant des surcharges culturelles qui l’ont mythifié et en ont fait une épreuve atroce. Dans l’un des pays où la mise au monde d’un enfant était comparée depuis des siècles aux tortures des damnés, un obstétricien sensé expliquait aux futures mères pourquoi une telle douleur accompagnait la naissance d’un enfant. Il leur disait que l’acte de mettre au mode l’enfant nécessite l’utilisation de muscles qui ne servent qu’à cela. Lorsque le cerveau reçoit la sensation provoquée – qui est nouvelle et rare –, il ne sait quel chemin lui faire emprunter. Si la mère est terrifiée, la sensation est envoyée vers le centre de la douleur. Si, à l’inverse, la mère est calme et n’a pas peur, elle peut faire de la sensation nouvelle et rare qu’elle perçoit comme un élément intéressant de la joie et créer un nouvel être vivant, création qui demande une collaboration de sa part, habituellement sous la forme d’un effort considérable. Peut-être cette explication n’est-elle pas entièrement scientifique, mais intuitivement elle paraît très sensée.

Vicier et déformer le moment de l’accouchement par la peur et la douleur est une grave aberration et anesthésier la mère totalement ou partiellement, lorsqu’il n’y a pas de risques de complications, dénie à la mère le droit et le privilège de vivre pleinement cet instant avec son enfant et de participer à ce magnifique premier effort qu’il fait pour naître.

Il est fondamentalement néfaste de rendre les choses faciles à l’enfant à toute étape de son développement et dans tout domaine de celui-ci – et nous prenons ici le mot enfant au sens large de ce qui n’est pas encore adulte. Lui éviter la difficulté témoigne d’un manque de confiance dans ses capacités humaines, lui dénie ses forces et porte atteinte à sa motivation et sa confiance en lui.

Il y a un moment merveilleux dans la vie d’un bébé, le premier jour d’une suite de nombreux premiers merveilleux moments qu’il y aura dans sa vie. C’est lorsque, entre 2 et 3 mois, il parvient à se retourner pour se mettre à plat ventre. Parfois, cela représente pour lui un immense effort. Si, à ce moment-là, un adulte bien intentionné l’aide un peu, une petite partie de sa motivation est détruite.

Nous qui, dans notre modernité éclairée, achetons les couches par paquets, de toutes sortes de douceurs, d’épaisseur et de capacités absorbantes, garanties sans fuites et imprégnées de produits pour protéger les fesses de bébé et le parfumer, de différentes tailles pour aller aux enfant jusqu’à 3 ans, nous retardons l’apprentissage de la propreté du petit en prétextant que c’est une contrainte qui peut le traumatiser, mais en fait parce que nous ne voulons pas nous astreindre à être à ses côtés pour nous en occuper. Et nos enfants sont condamnés à une silhouette grotesque, à une démarche gauche et à l’indignité, pour ne pas dire au handicap social, de ne pas savoir maîtriser leurs sphincters.

Par facilité et à leurs dépens, nous les transportons dans toutes sortes de véhicules et d’appareils pour pouvoir nous déplacer à notre propre allure sans être ralentis par leurs allers-retours et leurs arrêts, tandis qu’ils sont absorbés dans leur contemplation du monde qu’ils découvrent.

As-tu donné ses graines au hamster ?
C’est un crime d’exploiter un enfant quelle qu’en soit la façon, mais c’est aussi un crime que de lui dénier la possibilité d’exercer de façon réfléchie l’effort qu’on appelle le travail.

Avec l’Etat, les éducateurs – parents, enseignants et autres – ont l’obligation d’épargner à l’enfant tout travail risquant de nuire à son éducation, à sa santé et à son développement. Mais les éducateurs doivent aussi convenir que l’enfant, depuis le début de sa vie, doit se voir reconnaître la liberté et la possibilité de travailler, c’est-à-dire de suivre les directives intérieures qui le poussent à entreprendre des activités spontanées signifiantes, qui font de lui un membre du groupe lui apportant une contribution.

Lorsqu’une mouette éternue
Tout le monde s’inquiète aujourd’hui de la dislocation de la famille, ce qui peut donner le sentiment que la vie familiale était idéale au bon vieux temps et qu’il s’agit là d’un phénomène contemporain. Nous savons en fait qu’il n’en est rien. Au cours de l’histoire humaine, des cultures se sont épanouies, puis ont connu la décadence ; des empires se sont constitués, puis effondrés ; des sociétés se sont développées dans l’honneur et la vertu, puis ont connu la pauvreté et la dépravation ; les familles ont été des paradis mais aussi des enfers.

Cela dit, la dislocation de la famille est assurément un problème qui prend aujourd’hui des proportions alarmantes. Face à ce phénomène, nous avons le choix entre 2 attitudes : soit rejoindre le chœur des pleureuses, des Cassandre, soit prendre du recul et voir la situation avec sang-froid comme un nouveau tour que nous joue l’évolution, en sachant que cette fois nous pouvons prendre en main nos affaires et empêcher que les vieilles erreurs ne continuent à se reproduire.

Epilogue
Quel est le message de ce livre ?
Observez l’enfant, suivez-le, respectez ses directives intérieures. Créez un environnement dans lequel il pourra se développer et réaliser son magnifique et immense potentiel. Car c’est à l’intérieur de chaque enfant que se trouve la clé d’un avenir salutaire pour le genre humain.
L’art de l’éducation se fonde sur l’acceptation inconditionnelle de l’enfant à éduquer, sur la reconnaissance de sa nature de personne unique, digne d’attention. La liberté est une condition nécessaire à l’épanouissement de son potentiel et l’éducation doit la lui accorder effectivement, en s’enracinant dans la vérité et la réalité. Elle se doit de prendre conscience de la nature créative de l’enfant.
L’acte d’éduquer doit se réaliser dans le respect, la fermeté et l’humour. Il doit aussi savoir comprendre que la pauvreté spirituelle d’une personne est un mal social subi dont elle souffre et non l’une de ses caractéristiques propres. Il doit encore être capable de renoncer à la peur et à la culpabilité en tant que moyens éducatifs, et reconnaître l’importance du travail et de la responsabilité dans le développement de l’être humain. Il doit enfin être apte à percevoir les caractères universels intrinsèques de l’enfant à devenir ne force vitale capable d’aider le genre humain tout entier dans sa quête erratique de lumière.

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