Apprendre dans une école démocratique girafe – Sophie Rabhi-Bouquet

EDITEUR : L’INSTANT PRESENT
DATE DE PUBLICATION : 2018

AUTEUR : SOPHIE RABHI-BOUQUET

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Sophie Rabhi-Bouquet est éducatrice. Elle a grandi dans la ferme familiale en Ardèche et a souhaité proposer à son tour la richesse de l’accueil à la ferme aux enfants.  Ses convictions : l’importance de la non-violence, de l’attachement, de la communication bienveillante et de l’empathie l’ont amenée à ouvrir une école démocratique.

Ce livre est le texte de la conférence de Sophie au Salon Primevère de Lyon en février 2018. Elle porte sur l’école qu’elle a créée en 1999 en Ardèche qui est devenue en 2016 une « Ecole démocratique girafe ». Elle partage avec nous les personnes qui ont inspiré son parcours : Maria Montessori, Alice Miller, Marshall Rosenberg et Thomas Gordon.

La première personne qui m’a inspirée a été Maria Montessori. Elle pensait déjà, au tout début du XXème siècle, que nous construisons les bases d’une société à partir de l’accompagnement de l’enfant. Elle a développé une vaste pédagogie qui respecte l’enfant dans ses rythmes, dans sa personnalité, dans son désir d’agir, dans sa nature. Elle a pu mettre en lumière ce qu’on a appelé les « périodes sensibles » de développement, des stades de croissance chez l’enfant où il est naturellement porté à explorer certaines connaissances, à développer certaines compétences par lui-même et avec ses propres forces. Elle a été à l’origine d’une pédagogie active, où l’apprenant est dans une posture d’appropriation de son savoir par lui-même, en suivant ses intérêts du moment.

Nous savons maintenant qu’il suffit que l’environnement soit riche et porteur, et que l’enfant soit inconditionnellement soutenu dans ce qu’il entreprend pour qu’il continue ses explorations spontanées. Et nous savons aussi combien, à l’inverse, l’éducation que l’enfant subit l’éloigne de cette prédisposition naturelle.

Une autre personne m’a beaucoup inspirée, dans une dimension plus psychologique et émotionnelle qui rejoint complètement la dimension sociale et sociétale de la violence : il s’agit d’Alice Miller. Psychothérapeute suisse-allemande, d’origine juive polonaise, elle a écrit une douzaine d’ouvrages dont C’est pour ton bien, une oeuvre majeure.
Elle a démontré à quel point nous ne naissons pas violents, comme beaucoup de thèses pourraient le laisser supposer, mais que nous le devenons.
L’héritage que nous portons : la pédagogie noire comme l’appelle Alice Miller, est la croyance que pour extirper le mal de l’être humain, il faut contrôler et punir afin d’obtenir de l’enfant un comportement adéquate. La conséquence des ses croyances conduit plutôt à l’inverse : en raison d’un accompagnement dominant et répressif de l’enfant dès son plus jeune âge, nous avons construit des sociétés extrêmement violentes, belliqueuses, souffrantes. Il suffit d’observer l’histoire ou les actualités pour s’en rendre compte.

Ces croyances ont encore la vie dure, mais de plus en plus émerge cette nouvelle parentalité qui essaie plutôt de nourrir les besoins, inspirée par l’éthologie humaine et la théorie de l’attachement.

L’empathie est un mot qui me guide depuis des années, en lien avec d’autres référents très importants dans la création de cette école démocratique girafe : Marshall Rosenberg et Thomas Gordon. Tous deux élèves de Carl Rogers, inspirés par la psychologie humaine, ils ont mis au centre de leurs préoccupations la relation empathique entre personnes, notamment dans l’éducation des enfants.

Aujourd’hui, les neurosciences valident complètement le fait que plus l’enfant est libre, heureux, épanoui, soutenu émotionnellement et psychologiquement, en lien sécure avec son entourage, au mieux il apprend.

Il est souvent question de citoyenneté et de vivre ensemble. Les expériences que nous vivons offrent de véritables réponses concrètes d’une gouvernance participative qui favorise le vivre-ensemble. On peut légitimement espérer que ces pratiques, expérimentées dès l’enfance, permettront l’émergence d’une citoyenneté prête à vivre ce nouveau paradigme, pour plus de joie, de solidarité et de bienveillance.

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