Lettre à un jeune parent – Catherine Gueguen

Vous avez beaucoup de chance d’être parent aujourd’hui. Certes, vous allez devoir faire face aux incroyables défis du monde contemporain mais grâce à la science, pour la première fois depuis que l’humanité existe, nous commençons à mieux savoir nous y prendre avec les bébés, les enfants et les adolescents.

Des moments de bonheur et des moments parfois difficiles.

Personne ne vous apprend à être parent. Pourtant, c’est l’une des tâches les plus complexes au monde. Vous vivrez parfois des moments merveilleux, mais parfois être parent ça peut être aussi très éprouvant, car un enfant demande énormément de temps, d’attention, d’affection. Vous pouvez vous sentir fatigué, impuissant, désorienté devant toutes sortes de situations : votre bébé pleure, vous passez des nuits sans dormir, votre enfant se roule par terre, jette ses jouets, hurle, tape, mord…

Savez vous que jusqu’à 5 ou 6 ans, l’enfant a de très grandes difficultés à faire face à ses émotions et ses impulsions ?

Depuis le 10 juillet 2019, la loi française interdit aux parents les violences physiques et psychologiques sur leurs enfants. Alors comment faire ?

On sait aujourd’hui qu’un bébé vient au monde avec un cerveau extrêmement immature, fragile et malléable. Il naît en très grande insécurité, avec un immense besoin d’être rassuré. Chaque fois que vous le sécurisez, vous aidez son cerveau à maturer.

On sait aujourd’hui que jusqu’à 5-7 ans :

⁃ L’enfant a un petit cerveau extrêmement immature, ce qui explique les tempêtes émotionnelles et les impulsions qui l’amènent à hurler, paniquer, taper, mordre, jeter ses jouets;

⁃ Il ne peut pas retrouver son calme seul lors de ces tempêtes émotionnelles;

⁃ Il a alors absolument besoin d’un adulte chaleureux, empathique, soutenant;

⁃ Lorsqu’un adulte est empathique, apaise l’enfant, l’aide à exprimer ses émotions, il permet à son cerveau de bien se développer.

Patience et confiance sont indispensables

Le cerveau de l’enfant ne sera pleinement mature que 25 ans ! C’est dire qu’il faut s’armer de patience.

Tous les parents font des erreurs.

Je vais peut être vous étonner mais je pense vraiment que faire des erreurs n’est pas grave. L’important, c’est de les reconnaître.

Tous les parents, un jour ou l’autre, perdent patience, s’énervent, crient, ont envie de baisser les bras, prononcent des paroles ou font des gestes qu’ils regrettent par la suite ou parfois aussitôt. Le reconnaître et s’excuser est très éducatif pour l’enfant.

Qu’est-ce qui peut vous aider ?

Durant la grossesse, tout ce que vous ressentez se transmet à votre enfant, ce qui peut faire peur et vous culpabiliser. Car vous êtes enceinte et vous attendiez à être heureuse. Ce qui est souvent le cas.

Acceptez et accueillez les émotions désagréables qui vous traversent, dès la grossesse.

Vous vous sentez parfois fragile, submergée par des vagues de tristesse, de colère, de désarroi, de découragement. Ces émotions vous inquiètent, mais elles ne sont pas anormales, elles sont même très courantes. Accueillez ces émotions, ne les rejetez pas comme si vous n’aviez pas le droit de les ressentir. Accueillez ces émotions sans vous blâmer, sans les négliger.

Notez que je parle d’émotions désagréables et non d’émotions négatives parce qu’il ne s’agit pas de parler en termes de bien ou de mal, comme s’il y avait des bonnes ou des mauvaises émotions.

Les émotions sont une réaction physiologique déclenchée par un événement extérieur. Elles s’accompagnent de sensations corporelles parfois très intenses.

Nous ne contrôlons pas l’apparition de nos émotions, ce sont des réactions involontaires.

Ne restez pas seul

Quand les parents sont stressés, les enfants sont stressés. Pourquoi ? Une personne stressée secrète du cortisol, l’hormone du stress. Or l’enfant est totalement perméable aux émotions : c’est une véritable éponge. Votre grand défi, c’est de rester autant que vous le pourrez calme et serein, afin de lui donner toute l’attention et l’affection dont il a besoin. C’est pourquoi, face aux difficultés, il ne vaut mieux pas rester seul. Parlez de vos difficultés, sans culpabilité, à votre conjoint, à vos amis, à votre famille … Il n’y a aucune honte à rencontrer des difficultés avec son enfant, cela arrive à tout le monde.

Un conseil : peut-être, pour décompresser, confiez votre enfant le temps d’une après-midi, d’une soirée, d’un week-end et faites ce qui vous fait du bien.

On peut aussi s’entraider entre parents, garder le temps d’une après midi les enfants de quelqu’un et vice versa. Ou aller à des ateliers de parentalité qui peuvent vous aider et vous apporter du soutien dans votre quotidien.

Changer de regard sur l’enfant

Il n’est pas toujours facile de tenir compte des études scientifiques, parce qu’elles nous obligent à sortir de nos habitudes ancestrales et nous incitent à une véritable révolution éducative.

Vos relations avec votre enfant modifient son cerveau.

Le cerveau de votre enfant est extrêmement malléable et les relations qu’il va nouer avec son entourage vont le modifier en profondeur. Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, son cerveau peut se reconfigurer tout au long de l’enfance et de l’adolescence, et même durant toute sa vie. Mais c’est surtout durant la grossesse et durant les 2 premières années de sa vie qu’il est le plus malléable et le plus fragile. C’est donc une période essentielle, pendant laquelle il faudrait tout faire pour être le moins stressé et le plus entouré possible, afin de donner à votre enfant le maximum d’empathie et d’affection.

Votre enfant à un cerveau très immature.

C’est seulement vers 25 ans que son cerveau sera considéré comme mature. C’est une très grande avancée de savoir que jusqu’à 5-7 ans, il lui est impossible de faire face à ses émotions, à ses impulsions. Ce n’est pas qu’il ne sait pas ou ne veut pas, c’est qu’il ne peut pas y parvenir. En effet, son cortex orbito frontal, qui lui permettra de les réguler, n’est pas encore mature.

Votre enfant ne fait pas de caprice et ne cherche pas à vous embêter.

Un petit qui pleure ne vous manipule pas. S’il se réveille la nuit, ce n’est pas par caprice ou pour vous rester. C’est donc une autre vision de l’enfant qui apparaît aux lumières des découvertes scientifiques. Notre regard sur l’enfant change quand on comprend qu’il extrêmement immature, fragile, traversé par des émotions très fortes qu’il ne contrôle pas, qu’il ne fait pas exprès, qu’il ne cherche pas à nous contrarier, que ce ne sont pas des caprices.

Pourquoi les adultes sont ils si durs avec les enfants depuis des millénaires ?

L’UNICEF nous le répète : les enfants sont les êtres les plus humiliés dans la société et sur toute la planète.

Or, dresser, c’est contraindre, instituer des rapports de force c’est punir, crier, menacer, humilier verbalement, physiquement. Je n’en veux pas aux adultes, car aujourd’hui encore, ils pensent bien agir. Ils sont persuadés que c’est ainsi que l’enfant, à l’avenir, va bien se comporter, progresser et apprendre. Mais on sait désormais qu’il faut absolument renoncer à cette façon d’élever les enfants.

L’empathie est la clé.

Les êtres humains ne naissent pas mauvais mais empathiques.

De nombreux études scientifiques montrent que, dès l’âge de 6 mois, les tout-petits manifestent spontanément des comportements d’entraide et qu’ils valorisent les personnes se comportant de façon solidaire.

En revanche, il faut savoir que lorsqu’ils subissent un stress répété durant leur première année de vie, notamment de la maltraitante, des humiliations, alors le développement de l’ocytocine va être freiné et leur empathie va cesser de grandir.

Pour faire croître l’empathie, on a besoin de recevoir de l’empathie. Autrement dit, plus votre enfant reçoit de l’empathie, plus il devient empathique.

Une découverte extraordinaire : l’empathie fait maturer le cerveau des enfants.

Cela permettra à votre enfant de faire face progressivement à ses émotions et ses impulsions.

Patience et confiance sont les indispensables compléments de l’empathie.

C’est l’un de vos grands défis : comment répéter 100 fois, 1000 fois la même chose sans se lasser, sans s’énerver. C’est extrêmement difficile au quotidien. Et plus votre enfant est petit, plus il faut répéter.

Comment être un parent empathique.

L’empathie pour l’enfant commence dès la grossesse.

Si vous prenez le temps d’être connectée à votre enfant pendant la grossesse, vous serez capables, souvent à partir du 6 ème mois, de sentir ce qu’éprouve votre enfant. « Je sens qu’en ce moment il est serein, calme. » « La il est agité, énervé. Peut être est-ce ma position qui le dérange, la musique que j’écoute, ou peut être est-ce parce que moi-même je suis énervée. » En étant à l’écoute de l’ enfant dans votre ventre , vous renforcez le lien avec lui, vous apprenez à décrypter ce qu’il ressent. Et vous continuerez tout naturellement à le faire après la naissance.

Dès la naissance, votre enfant exprime des émotions.

Dès la naissance, votre enfant est une boule de vie, donc d’émotions. Il les exprime intensément, sans aucun frein ni aucune censure. Il révèle tout ce qu’il ressent, par son regard, les expressions de son visage, ses pleurs, ses sourires, ses gazouillis, et par tout son corps. Faites vous confiance, prenez juste le temps de vous connecter à lui : vous êtes le plus souvent capable de sentir et de comprendre ce qu’il éprouve. Vous pouvez vous tromper, bien sûr, et parfois hésiter. Dans ce cas, dites à votre enfant : « Je n’arrive pas à savoir ce que tu me dis, aide moi à te comprendre, tu peux vraiment exprimer ce que tu ressens. »

Votre enfant a un besoin vital de moments d’échange.

Prenez le temps d’être totalement présent à votre enfant, même quelques minutes par jour, régulièrement, en tenant tous les écrans loin de vous. C’est un temps de bonheur partagé, précieux et bénéfique pour vous deux. Dans ce contact tendre, les liens affectifs se tissent et se renforcent. On observe aussi un phénomène incroyable dans le cerveau : l’ocytocine et les opioïdes (des molécules qui apportent du bien être et calment l’anxiété) sont sécrétés chez le parent comme chez l’enfant.

Autorisez votre enfant à exprimer ses émotions

Lorsque vous laissez votre enfant exprimer ses émotions sans les juger, sans dire « c’est bien » ou « c’est mal », cela l’apaise et renforce les liens avec vous. Même chez les adultes, verbaliser ses émotions est bénéfique : cela vous fait du bien, car cela calme l’amygdale cérébrale (qui active la sécrétion de molécules du stress). Il y a donc moins de cortisol dans votre sang et vous vous sentez moins stressé, plus apaisé.

Les tempêtes émotionnelles de l’enfant

Lors des premiers mois, votre tout-petit naît très insécurisé : il vit en état d’hyper vigilance, dans une perpétuelle inquiétude due à son immaturité. Vos contacts affectueux vont apaiser ses états émotionnels exacerbés.

Sécuriser et apaiser un enfant fait maturer son cerveau.

Au 20eme siècle, nous avons appris, grâce aux travaux de John Bowlby sur l’attachement, que le développement de l’enfant est optimal quand s’instaure un attachement sécurisé avec un adulte.

Au 21 eme siècle, les recherchent sur le cerveau confirment ces travaux.

On constate que plus un petit est sécurisé, apaisé par les adultes, plus il est calme, tout en étant bien éveillé.

Un enfant petit ne peut pas s’apaiser seul

Les chercheurs nous apprennent aussi que lorsqu’il est en pleine tempête émotionnelle, un enfant n’est pas capable de s’apaiser seul : il a absolument besoin d’un adulte qui comprenne ses émotions, l’aide à les exprimer, l’apaise. Cette attitude permet à son cerveau de maturer.

« Donc, il ne faut pas laisser pleurer un enfant.m ?»

Il faut toujours répondre aux pleurs de votre enfant. Votre enfant ne vous manipule pas, il ne pleure pas volontairement. Il pleure toujours pour dire quelque chose. Votre « travail » de parent consiste à comprendre pourquoi il pleure, et à réagir de façon adaptée.

Un bébé ne peut pas se débrouiller seul : il lui est impossible de fuir quand il a peur, de se nourrir quand il a faim. La seule solution pour lui est de pleurer pour attirer votre attention et vous faire venir auprès de lui.

Pourquoi laisser pleurer un enfant peut-il être dangereux ? D’abord parce que s’il n’est pas entendu et calmé, la molécule du stress finit par être sécrété en trop grande quantité et peut abîmer son cerveau. Ensuite, parce que si vous ne répondez pas aux besoins de sécurité affective de votre enfant malgré ses pleurs désespérés, il finit par intégrer le fait que pleurer ne sert à rien, puisque personne ne répond… Il va donc intérioriser ses inquiétudes, ses peurs, ses angoisses, ses colères et s’enfermer en lui même. Il prend alors l’habitude de ne plus exprimer ce qu’il ressent : il souffre en silence et, une partie de son énergie, de son envie de vivre est anéantie.

Les enfants tapent et mordent quand ils se sentent en insécurité.

Les enfants connaissent des phases durant lesquelles ils tapent, mordent et griffent. Cela est dû à l’immaturité de leur cerveau, et pas du tout à leur prétendue méchanceté.

Que faire quand votre enfant fait une grosse colère, tape ou mord ?

L’idéal est de l’aider à sortir de cette situation en comprenant les émotions qui le traversent, en l’apaisant et en l’aidant à mettre des mots sur ce qu’il vit. C’est ce processus qui va faire maturer son cerveau progressivement.

Première étape : percevoir les émotions de votre enfant et comprendre de quoi il a besoin

Deuxième étape : apaiser votre enfant par votre présence chaleureuse et douce

Troisième étape : aider votre enfant à exprimer ses émotions

La force de la bienveillance

La bienveillance ouvre à soi, aux autres et au monde.

Soyez bienveillants envers vous et envers votre enfant.

La bienveillance rend plus fort. Elle permet à l’enfant de savoir qui il est et ce qu’il souhaite.

La bienveillance développe le désir d’autonomie, de découvrir le monde.

Ce n’est pas une éducation laxiste !

Être bienveillant, être attentif aux besoins de votre enfant, ne pas le punir, le frapper ou l’humilier ne veut pas du tout dire que vous êtes laxiste et le laissez tout faire. Vous êtes un modèle très puissant pour votre enfant : au quotidien, sans que vous en ayez conscience, il vous observe, vous imite. Il s’inspire de ce que vous faites et de ce que vous êtes. L’apprentissage par imitation est un processus essentiel.

La violence éducative ordinaire

Depuis des millénaires et sur toute la planète, les enfants subissent une violence éducative physique et ou verbale dès la première année de vie. On l’appelle éducative car les adultes pensent que cette violence éduque les enfants. Elle est dite ordinaire parce qu’elle est très souvent quotidienne et considérée comme normale.

Comment cette violence éducative se manifeste t elle ?

Elle se manifeste très souvent par des paroles dévalorisantes, humiliantes, blessantes « Tu n’es pas gentil », « Tu es stupide », « Tu fais tous de travers. ». Du chantage, des menaces, des moqueries, de la culpabilisation, des gestes brusques ou brutaux. Les adultes poussent l’enfant, le tirent, le frappent, le secouent, le punissent, lui font peur, crient, dont les gros yeux…

Les adultes reproduisent ce qu’ils ont subi.

Une majorité d’adultes a été éduqué à l’aide de punitions, de menaces, de récompenses. Ces adultes reproduisent souvent la façon dont eux mêmes ont été élevé sans y avoir réellement réfléchi, sans vouloir ou pouvoir remettre en cause leurs parents. Il peut être très douloureux de revenir sur sa propre enfance, de critiquer, de remettre en question, d’accuser ses parents.

Beaucoup pensent que ces méthodes ont des vertus éducatives.

Pour beaucoup d’adultes, il ne peut pas y avoir de « bonne éducation » sans coercition ni punition. « Si je te punis, c’est pour ton bien. »

Ce comportement entraîne chez l’enfant une confusion des règles éthiques. Il se dit « On a le droit de faire du mal pour faire du bien ».

Ils méconnaissent les effets délétères de la violence éducative.

Beaucoup d’adultes reproduisent ce qu’ils ont subi sans connaître l’impact de ces violences sur l’enfant. Cette méconnaissance peut expliquer en partie l’acceptation de la violence éducative et les réactions virulentes qui tournent en ridicule ce sujet dès qu’il est abordé. Ce sujet dérange. Mais nous avons désormais les preuves objectives des effets négatifs de ces pratiques sur le fonctionnement et le développement du cerveau de l’enfant. Ce retentissement cérébral perdure à l’âge adulte et perturbe la personne dans sa façon de vivre, sa relation aux autres, sa capacité à s’épanouir comme à mener une vie en rapport avec ce qu’elle souhaiterait.

La violence éducative est l’une des racines de la violence dans la société.

Autrement dit, un enfant élevé avec empathie et bienveillance, sans humiliation ni punition, ne deviendra pas un adulte violent.

Quand un enfant est élevé à coup d’humiliations, le plus souvent, il ne se révolte pas contre ses parents, mais toute cette violence accumulée se déverse sur ses frères et sœurs, ses copains de classe, puis, plus tard, sur le conjoint et sur ses propres enfants.

La violence subie apprend à l’enfant à régler les conflits par la violence et le rapport de force. Les violences deviennent ainsi la norme, la violence intra familiale contribue ainsi à la délinquance dans toute la société.

Pour terminer

Vous savez maintenant que votre enfant ne se développe bien que s’il est entouré d’adultes empathiques, chaleureux, soutenants. Réunir toutes les conditions nécessaires à son bon développement devrait être l’une des priorités de la société toute entière, si elle souhaite que ses adultes soient équilibrés et bien portants. Je rêve que notre société devienne plus humaine et prenne conscience qu’être parent est une tâche essentielle, mais particulièrement difficile, durant laquelle il est indispensable d’être accompagné et soutenu.

Je rêve que nos sociétés réalisent combien l’enfance est un temps précieux et fondamental pour l’ensemble de la collectivité. Si nous intégrons toutes les fabuleuses découvertes de la science, alors nos enfants seront plus épanouis, les adultes plus heureux, et notre monde deviendra plus pacifique et plus chaleureux.

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